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Euro 2020 - Italie: "Mancini a rendu le jeu de l'Italie MODERNE"

Euro 2020 - Italie:
(c) AFP
 
 

Roberto Mancini fait "vraiment du beau travail" à la tête de l'équipe d'Italie, se réjouit dans un entretien à l'AFP Gigi Riva, légende du football azzurro, buteur lors de la seule finale de l'Euro jamais remportée par l'Italie en 1968, au Stadio Olimpico de Rome.

Lors de cette finale rejouée (après le nul 1-1 deux jours plus tôt) et remportée contre la Yougoslavie (2-0), "l'ambiance était très belle, mais au moment où j'ai marqué, j'ai surtout eu peur d'être hors-jeu", se souvient le légendaire gaucher, 76 ans, toujours meilleur buteur de l'histoire de la Nazionale avec 35 buts en 42 matches disputés entre 1965 et 1974.

Ce n'est pas son but le plus important - il préfère celui contre la RFA (4-3) lors de l'inoubliable demi-finale du Mondial-1970 au Mexique - mais il avait lancé l'Italie vers son seul sacre européen: les deux finales suivantes ont en effet été perdues, en 2000 contre la France (1-2, but en or) puis en 2012 contre l'Espagne (0-4).

"Quand tu gagnes une telle compétition, comme un Mondial ou un Euro, c'est une superbe satisfaction! Après le match à Rome, je suis sorti faire un tour en ville et je me suis longtemps promené, toute la nuit, avec les supporters qui exultaient", décrit Luigi Riva ("Gigi" pour tous), attaquant doté d'une frappe puissante et d'un efficace coup de rein.

>- Sarde depuis 1963 -

Depuis Cagliari, en Sardaigne, où ce natif du Nord de l'Italie a posé ses valises en 1963, à l'âge de 18 ans, pour ne plus jamais en repartir, Riva garde un oeil toujours passionné sur ce sport qui a tellement évolué.

"Le football, je le trouve toujours beau aujourd'hui, c'est un football total bien que toujours très tactique, où le rôle des attaquants a évolué. Nous, on jouait un jeu davantage basé sur les contre-attaques, aujourd'hui c'est un football plus collectif et les attaquants doivent participer à la manoeuvre", constate celui qui, après une carrière ponctuée du seul titre de champion d'Italie de Cagliari (1970, fut brièvement dirigeant du club avant d'être plusieurs années membre de l'encadrement de l'équipe d'Italie (1990-2013).

La Nazionale d'aujourd'hui? "J'apprécie beaucoup Mancini. Je l'ai connu comme joueur quand j'étais dirigeant de l'équipe d'Italie. Je connais la personne, c'est quelqu'un de vraiment très bien, qui obtient d'excellents résultats", dit-il au sujet du sélectionneur qui, depuis mai 2018, fait l'unanimité dans la Péninsule pour la façon dont il a rebâti la sélection sur le fiasco de la non-qualification pour le Mondial.

"La réussite de Mancini, c'est d'abord sa capacité à faire jouer à l'Italie un jeu moderne, il s'est parfaitement adapté", selon Riva.

>- "Barella, c'est affectif" -

D'ailleurs, quand on lui demande de sortir un ou deux joueurs du lot, l'ex-attaquant préfère dribbler l'intervieweur: "Non, je ne cite personne... Cette équipe est surtout l'oeuvre d'un grand personnage qui est Mancini", répond-il.

Avec quand même, si on insiste, une petite exception pour l'enfant de Cagliari, Nicolo Barella: "Lui, c'est différent, c'est affectif, en tant que Sarde. Et puis il a fréquenté mon école de football, alors évidemment pour lui, j'ai une pensée particulière..."

Pour autant, Barella, Verratti, Donnaruma et les autres peuvent-ils aller au bout? "Mais certainement, on ne joue jamais pour perdre non?"

"Mon seul conseil, c'est de croire en ses propres moyens. Aujourd'hui l'équipe d'Italie ne peut pas ne pas penser à gagner, elle doit avoir confiance dans ses capacités", ajoute la légende italienne, qui, en raison de son état de santé précaire depuis quelques années, n'est pas certain de pouvoir faire le voyage à Rome pour le match d'ouverture de l'Euro, vendredi soir contre la Turquie dans ce Stadio Olimpico où l'Italie de Riva, Zoff, Mazzola et Anastasi (auteur du second but de la finale) avait brillé en 1968.

"Rome, on verra... Ce serait surtout magnifique de pouvoir aller voir l'Italie en finale!"




 

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