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Arbitre provincial, Jérémie a abandonné à cause des insultes et de la violence... avant de revenir: "La passion était toujours là"

Selon une étude menée par l'ULB, un arbitre de football belge sur trois a déjà pensé à arrêter. Ces "hommes en noir" sont souvent insultés, voire même agressés. Ils ont de plus en plus de mal à exercer leur passion.

Vérifier ses cartons et ses drapeaux: chaque week-end, c’est le même rituel pour Maxime, Julien et Jérémie. Des arbitres engagés et passionnés que nous avons rencontrés à Loyers. "Qu'il neige, qu'il vente ou qu'il pleuve, on n'a pas le choix. Depuis que j'ai 15 ans, j'en ai 28 aujourd'hui et c'est une très grande passion. C'est mon papa qui m'a initié à la base, et puis on y prend vite goût, et voilà", confie Jérémie Bousman, arbitre provincial.

J'ai repris parce que la passion était toujours là

L’Union belge de football compte 5.900 arbitres. Mais aujourd’hui, selon une étude de l’Université libre de Bruxelles, un sur trois a déjà pensé à ranger son sifflet. Les causes: la violence et le manque de considération sur le terrain. "Les parents qui sont en bord du terrain et qui essaient d'arbitrer à la place de l'arbitre, ou essayer de coacher à la place du coach", explique Jérémie Bousman. "J'avais arrêté six mois. J'ai repris parce que la passion était toujours là. Ça m'a manqué. Honnêtement, rester tous les week-ends à la maison et au final ne rien faire, ça manque", ajoute-t-il.

"J'avais fait une pause pendant deux mois pour dire de faire le tour de la question. Finalement je suis revenu encore plus motivé", s'exprime Maxime Boulanger, lui aussi arbitre provincial.

Recruter c'est une chose, après ça il faut les garder

Le profil type de l'arbitre: un homme d’une trentaine d’années, marié avec un niveau d’éducation supérieur à la moyenne, étudiant ou employé et qui a des valeurs. "Déjà le respect de la vie, l'éducation, la politesse", indique Jérémie Bousman.

Nous avons contacté Jean-Michel Dewael, professeur et sociologue du sport à l'ULB, pour savoir quel type de personnes pourraient renflouer le corps arbitral. "Il y a les hautes écoles, les universités… ce sont des terrains qui pourraient être privilégiés pour recruter. Recruter c'est une chose, après ça il faut les garder. Et évidemment pour les garder, il faut les considérer", précise Jean-Michel Dewael.

Des héros d’un jours et des hommes de l’ombre qui consacrent 26 à 27 heures par mois à l’arbitrage pour de faibles rémunérations. "C'est pas avec ça que je vais gagner ma vie. Honnêtement, aujourd'hui par exemple, je ne vais pas vous mentir, je vais chercher 40 euros, et ce n'est pas comme ça tous les week-ends non plus. Donc au final c'est peut-être 100 euros par mois", explique Jérémie Bousman.

En Belgique, ils sont de moins en moins nombreux. Mais pour eux, chaque semaine, cette passion n'a pas de prix.

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