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Bleues: derrière la qualification, les tensions demeurent

Bleues: derrière la qualification, les tensions demeurent
La sélectionneuse française Corinne Diacre et la milieu de terrain Amandine Henry se saluent furtivement lors du match contre l'Autriche, le 27 novembre 2020 à GuingampDamien meyer
 
 

La querelle entre la sélectionneuse Corinne Diacre et sa capitaine Amandine Henry, loin de s'éteindre, ternit la qualification à l'Euro-2022 acquise avec la manière vendredi par des Bleues coincées dans un mauvais film.

La joie collective des Françaises à Guingamp, en Bretagne, après la nette victoire contre l'Autriche (3-0), a offert un contraste saisissant avec la sortie glaciale trente minutes plus tôt de la milieu lyonnaise, visage fermé au moment de rejoindre le banc de touche.

Invitée à commenter ce coaching inhabituel, Diacre a coupé court face à la presse: "Ce qui m'intéresse ce soir, c'est la prestation collective."

La réponse illustre les multiples non-dits qui accompagnent ce dernier stage de l'année 2020, marqué par les retrouvailles glaciales entre la technicienne de 46 ans et l'internationale de 31 ans lundi dernier à Clairefontaine.

La grande explication tant attendue avec la capitaine, à l'origine d'une charge médiatique inédite contre la sélectionneuse, n'a jamais eu lieu. Pourquoi? "Pour le moment la priorité c'est le groupe France et ce qui se passe sur le terrain", a balayé Diacre jeudi durant la conférence de presse de veille de match.

Ce jour-là au stade de Roudourou, le rendez-vous médiatique a pris une tournure particulière dans la mesure où Henry, en tant que capitaine, devait se plier à l'exercice. Il s'agissait de sa première prise de parole depuis les déclarations fracassantes de mi-novembre sur Canal+, où elle a dénoncé le management jugé brutal et injuste de la technicienne.

Au moment où la Lyonnaise s'est présentée, la mine triste et le regard anxieux, sa sélectionneuse s'est invitée en même temps dans la pièce, prenant place sur une chaise au dernier rang en attendant son tour...

Souriante, Diacre a ensuite succédé à la joueuse pour dénoncer les critiques "plus personnelles que collectives" la visant et évoqué la "minorité" de joueuses agitant le spectre de la crise. "Si on doit venir en reculant, on ne doit pas venir. L'équipe de France n'est pas seulement un honneur, c'est un devoir", a-t-elle sermonné.

- "Situation très tendue" -

A ce moment-là, la dizaine de journalistes présents ne savent pas que les deux actrices principales du conflit se sont vivement écharpées quelques heures plus tôt.

"Dans la vie tout se paie!", a lancé Diacre à Henry devant des joueuses médusées par la soudaineté de l'attaque, mercredi durant un réveil musculaire à Clairefontaine. "Tu me menaces?", lui a répondu la milieu de terrain, selon une scène décrite par RMC Sport et L'Equipe, confirmée à l'AFP par une source proche du vestiaire lyonnais.

"La situation est très tendue et ne va pas aller en s'améliorant", constate cette dernière. "Diacre a été obligée de convoquer toutes les Lyonnaises mais en sous-main elle les pousse dans leurs retranchements". Et de préciser: "Son plan c'est de dégoûter certaines joueuses" pour qu'elles s'éloignent volontairement de la sélection, comme la gardienne Sarah Bouhaddi l'a fait cet été.

D'après cette source, dire qu'une "minorité" de joueuses se plaignent de la sélectionneuse, "c'est faux". Et d'avancer comme preuve des messages entre internationales issues de divers clubs, qu'elle dit avoir consultés, où la coach est surnommée "Coco-virus, adjudant-chef, dragon" ou pire.

La fracture entre Diacre et Henry apparaît dans tous les cas comme trop prononcée, à l'heure actuelle, pour qu'une solution apparaisse imminente.

Le président de la Fédération Noël Le Graët a profité de sa présence samedi midi à l'hôtel des Bleues à Saint-Brieuc, où il est venu les féliciter pour la qualification, pour délivrer un message d'apaisement en privé, à l'écart du reste du groupe.

"J'ai discuté avec Corinne, j'ai discuté avec Amandine. Mais ce n'est pas le moment de recréer un problème devant tout le monde alors que les filles hier (vendredi), quand vous les voyez jouer, sont bien ensemble", a expliqué le dirigeant breton à l'AFP.

Si le groupe vit bien, certes, ce n'est pas le cas des deux têtes d'affiche qui livreront peut-être un nouvel épisode de leur bras de fer d'ici le dernier match mardi à Vannes contre le Kazakhstan.




 

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