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Foot: quinze internationales espagnoles se rebellent contre leur sélectionneur

Foot: quinze internationales espagnoles se rebellent contre leur sélectionneur
Le sélectionneur de l'équipe féminine d'Espagne, Jorge Vilda, lors du quart de finale de l'Euro féminin 2022 à Brighton le 20 juillet, perdu aux prolongations par l'Espagne contre l'Angleterre (2-1)Glyn KIRK
 
 

La Roja féminine en crise: quinze internationales espagnoles ont annoncé jeudi qu'elles renonçaient à porter le célèbre maillot rouge tant que le sélectionneur actuel Jorge Vilda, à qui la Fédération espagnole a renouvelé sa confiance, restera en poste.

C'est par un communiqué tombé aux alentours de 23h00, jeudi soir, que la Fédération espagnole de football a révélé l'ampleur de cette crise.

Elle y indique que quinze joueuses ont envoyé un mail où chacune explique que la situation actuelle affecte "leur état émotionnel" et "leur santé" de "manière importante", et qu'elles renoncent à la sélection, "tant que la situation ne sera pas réparée".

La RFEF a ajouté qu'elle ne "permettra pas que les joueuses remettent en doute la situation du sélectionneur national et de l'encadrement, car prendre cette décision n'entre pas dans le champ de leurs compétences".

Vendredi soir, les quinze mutines, ainsi que d'autres internationales comme Alexia Putellas, ont répliqué par un autre communiqué.

Elles y indiquent qu'elles n'ont "en aucun cas RENONCé à la sélection", mais qu'elles demandent simplement à ne pas être convoquées jusqu'à ce que la situation soit réglée. "Nous n'avons jamais demandé le limogeage du sélectionneur", ont-elles par ailleurs affirmé.

Un nouvel épisode dans une histoire qui dure déjà depuis plusieurs semaines, et qui survient à quelques jours des prochains matches amicaux contre la Suède le 7 octobre et contre les Etats-Unis le 11 de la Roja féminine, éliminée en quarts de finale du dernier Euro par l'Angleterre (2-1 a.p.).

Lors du dernier rassemblement, en septembre, les trois cadres Irene Paredes, Patri Guijarro et Jenni Hermoso avaient convoqué une conférence de presse et reconnu un "mal-être général" en mettant en cause Vilda, en poste depuis 2015, mais avaient nié avoir demandé sa démission.

Le sélectionneur qui a succédé à Ignacio Quereda, débarqué sous la pression de joueuses après un Mondial-2015 raté, avait pour sa part déclaré avoir été "blessé par la manière de procéder", affirmant être une personne "qui privilégie le dialogue et qui est toujours disposée à parler".

"C'est une situation totalement anormale", a réagi son homologue masculin Luis Enrique en conférence de presse, vendredi soir, assurant n'avoir "aucun doute sur le fait que la fédération va gérer cela de la meilleure manière possible".

- "Rébellion" -

"Rébellion", a titré ce vendredi le quotidien sportif espagnol As, tandis que son concurrent Marca, le journal le plus vendu d'Espagne, a affiché à sa Une : "Le chantage est inacceptable".

Selon les médias espagnols, parmi les trois cadres qui avaient convoqué une conférence de presse en septembre, seule Patri Guijarro figure parmi les quinze joueuses qui ont renoncé à la sélection.

La capitaine et Ballon d'Or 2021 Alexia Putellas, opérée du ligament croisé antérieur de son genou gauche mi-juillet, ne figure pas dans cette liste de quinze joueuses, ni Irene Paredes et Jenni Hermoso, toutes deux également blessées et indisponibles pour le rassemblement à venir.

Selon la presse, les quinze "rebelles" sont Ainhoa Moraza, Lucía García, Leila Ouahabi, Mapi León, Claudia Pina, Laia Aleixandri, Ona Batlle, Andrea Pereira, Aitana Bonmatí, Sandra Paños, Amaiur Sarriegi, Lola Gallardo, Nerea Eizaguirre, Mariona Caldentey et Patri Guijarro.

Aucune joueuse du Real Madrid n'apparaît dans cette liste. Six de ces quinze joueuses évoluent au FC Barcelone.

La superstar américaine Megan Rapinoe, Ballon d'Or en 2019, a apporté son soutien aux quinze rebelles espagnoles. "Une seizième joueuse se tient debout à vos côtés aux Etats-Unis", a écrit l'internationale américaine sur son compte Instagram, suivi par 2,2 millions de personnes.

- "C'est très grave" -

"C'est très, très grave, ce n'était jamais arrivé auparavant, donc on ne s'y attendait pas", a réagi la directrice du football féminin au sein de la fédération espagnole, Ana Alvares, sur la radio Onda Cero dans la nuit de jeudi à vendredi.

"C'est honteux. Elles devraient revoir leur décision. Le football espagnol était en train de gagner une place vitale et unique en Europe. Nous ne pouvons cautionner ce genre de situations", a renchéri le président du Conseil Supérieur des Sports (équivalent du Ministère des Sports espagnol) José Manuel Franco, sur la radio Cadena Cope.

"Il est nécessaire d'établir un dialogue et que les deux parties s'assoient pour négocier", a-t-il ajouté.

Dans son communiqué, la fédération précise que les joueuses peuvent être sanctionnées si elles n'honorent pas une sélection, mais avance qu'elle "n'ira pas jusqu'à cet extrême, et ne leur mettra aucune pression".

Mais, prévient la RFEF à moins d'un an du Mondial-2023 en Australie et Nouvelle-Zélande, les joueuses ne "pourront revenir en sélection que si elles assument leur erreur et si elles demandent pardon".


 

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