José Mourinho retrouve un poste d'entraîneur en Italie

José Mourinho retrouve un poste d'entraîneur en Italie
©Belga
 
 

Son limogeage de Tottenham, il y a deux semaines, a terni sa réputation de "Special One", mais José Mourinho est un coriace: l'entraîneur portugais a trouvé un défi qui lui convient avec l'AS Rome, un club qui, comme lui, aspire à se relever.

Provocateur, mégalo, charismatique, arrogant, tacticien de génie avec lequel l'amour ne dure généralement pas plus de trois ans, Mourinho retourne en terre conquise.

Il avait quitté l'Italie en 2010, après un historique triplé (Championnat-Coupe-Ligue des champions) à la tête de l'Inter Milan.

Aujourd'hui, c'est le club de la Louve qui le recueille, après son limogeage de Tottenham le 19 avril dernier.

Mais la Roma, actuelle septième de Serie A à quatre journées du terme, ne jouit pas du même prestige que les "Nerazzurri", qui ont été sacrés champions le week-end dernier.

Cela en dit long sur la trajectoire de carrière de "Mou", double vainqueur de la C1 (2004, 2010) mais qui a perdu de sa magie, à défaut de son bagout.

"Mes méthodes et celles de mon staff ne sont surpassées par personne au monde", lançait-il encore fin février.

Échec avec Tottenham 

Mais mi-avril, les Spurs ont décidé de se séparer du Portugais, reparti bredouille après 17 mois en poste, en laissant le club londonien à la septième place de la Premier League.

Prototype du technicien dominant et sûr de lui, n'hésitant pas à malmener en conférence de presse arbitres, adversaires et même ses propres joueurs, Mourinho a construit sa carrière sur cette image de dureté.

Même le très placide Paul Pogba s'en était ouvert récemment.

"Il fut un temps où j'avais de très bonnes relations avec Mourinho. C'était évident et puis du jour au lendemain, tout a changé. (...) C'est ce qui est bizarre avec Mourinho et je ne saurai vous expliquer pourquoi, car moi-même je n'ai pas compris", avait-il déclaré à Sky Sports en avril.

En novembre 2019, c'est pourtant vers lui que s'étaient tournés les Spurs, alors quatorzièmes en championnat, avec un effectif en fin de cycle, dont Mauricio Pochettino ne parvenait plus à tirer le meilleur.

Un choix surprenant, puisqu'il restait sur 11 mois d'inactivité après une expérience achevée en queue de poisson à Manchester United, malgré une Ligue Europa ajoutée à son palmarès en 2018.

Avec cette "machine à gagner des titres", Tottenham espérait enfin garnir ses armoires à trophée, voire concurrencer Liverpool ou les deux Manchester pour le titre.

Le Portugais avait assuré à son arrivée que dès sa deuxième saison, il pourrait viser la première place.

Après avoir mené les Spurs de la 14e à une 6e place qualificative pour la Ligue Europa la saison dernière, et pointé en tête du classement à la toute fin de l'automne, on a pu croire que le miracle aurait bien lieu.

Mais usé physiquement, peut-être aussi psychologiquement, Tottenham a dépéri.

Homme de coups 

Onze de ses treize défaites, toutes compétitions confondues - un record sur une saison pour une équipe dirigée par Mourinho - ont été subies après la mi-décembre.

Le point d'orgue a été le naufrage du huitième de finale retour de Ligue Europa au Dinamo Zagreb, perdu 3-0 mi-mars, en dilapidant le 2-0 de l'aller.

Et en Premier League, l'attitude bien trop défensive de Tottenham lui a fait perdre 20 points après avoir mené au score.

A chaque fois, droit dans ses bottes, Mourinho a critiqué tout et n'importe qui sauf lui, un discours qui a fini par braquer une partie du vestiaire, les supporters, et finalement la direction du club.

Le Portugais a toujours été un homme de "coups", tirant rapidement le meilleur de son équipe pour la mener très haut, avant que l'effet s'estompe.

Critiqué pour son jeu défensif, et aujourd'hui son manque de résultats, Mourinho a une revanche à prendre sur le monde du football qui lui préfère des entraîneurs plus jeunes... La Roma, aussi, court derrière sa glorieuse histoire.

Ils ont tout pour s'entendre... Mais combien de temps le mariage va-t-il durer?




 

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