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Mondial: l'Allemagne défie la Fifa et se fait surprendre par le Japon

Mondial: l'Allemagne défie la Fifa et se fait surprendre par le Japon
Les milieu de terrain de l'Espagne Gavi (g), Pedri (c) et Sergio Busquets, à l'entraînement à Doha, le 22 novembre 2022JAVIER SORIANO
 
 

Onze joueurs allemands mimant un bâillon contre l'interdiction de manifester en faveur de la diversité, c'est l'une des images fortes de ce début de Mondial-2022 au Qatar, où les matches de mercredi ont accouché de nouvelles surprises, telle l'Allemagne renversée par le Japon (2-1).

Après quatre jours de compétition, deux sujets de conversation s'imposent à Doha: les nombreux résultats inattendus sur le terrain et, en dehors, la question des droits humains et en particulier des personnes LGBTQ+, symbolisées par les couleurs arc-en-ciel, dans un pays où la loi du pays pénalise l'homosexualité.

Mercredi, le football allemand a répondu aux menaces de sanctions brandies par la Fifa pour empêcher le port d'un brassard coloré célébrant la diversité et l'inclusion, finalement abandonné par les sélections européennes qui étaient à l'origine de cette initiative, baptisée "One Love".

Mais au stade Khalifa, les joueurs allemands ont choisi de manifester leur désapprobation: sous les yeux du président de la Fifa Gianni Infantino, qui avait appelé chacun à "se concentrer sur le football", le capitaine Manuel Neuer et ses partenaires se sont ostensiblement mis la main devant la bouche sur la traditionnelle photo d'équipe qui précède le coup d'envoi.

Les Allemands avaient bien préparé leur affaire: la menace de sanctions de la part de la Fifa a été très critiquée en Allemagne où de nombreuses voix se sont élevées pour appeler les joueurs de la Mannschaft à la défier.

- "Les droits humains pas négociables" -

Dans les tribunes, la ministre allemande de l'Intérieur en charge des sports, Nancy Faeser, a enfilé dans les tribunes le fameux brassard inclusif "One Love" dont ne voulaient pas les organisateurs, avant de tweeter la photo sur les réseaux sociaux. Elle a ensuite mis une veste.

Et quasiment en même temps, la fédération envoyait un communiqué cinglant sur les réseaux sociaux: "Il ne s'agit pas d'un message politique: les droits humains ne sont pas négociables. Cela devrait être une évidence. Malheureusement, ce n'est toujours pas le cas. C'est pourquoi ce message est si important pour nous. Nous interdire de porter le bandeau, c'est nous interdire de parler", selon le texte.

Depuis qu'il a obtenu en 2010 l'organisation du tournoi, le Qatar est en butte à de nombreuses critiques en matière de droits humains, notamment les droits des travailleurs migrants, des femmes ou des personnes LGBTQ.

Dans ce petit pays conservateur musulman, les relations sexuelles hors mariage et l'homosexualité sont passibles de poursuites pénales. Les autorités qataries ont néanmoins affirmé que "tout le monde était le bienvenu".

Dans ce Mondial décrié et atypique, programmé pour la première fois en fin d'année civile en interrompant les championnats de clubs en Europe, la seule certitude est que les principaux favoris n'en ont aucune sur le plan sportif.

- L'Allemagne a souffert -

Mercredi, l'Allemagne a subi à son tour la loi d'une équipe moins cotée, le Japon, comme l'Argentine de Lionel Messi la veille contre l'Arabie saoudite (2-1).

Les Allemands ont-ils été déconcentrés par leur geste d'avant-match? Ils ont rapidement mené sur un penalty transformé par Ilkay Gündogan (33e), mais ils ont sombré en seconde période face à la vivacité de l'attaque japonaise, qui a renversé le score par Ritsu Doan (75e) puis Takuma Asano (83e).

La Nationalmannschaft s'est déjà mise en grande difficulté dans un groupe difficile où évoluent également le Costa Rica et l'Espagne, prochain adversaire des Allemands dimanche dans l'un des chocs de ce premier tour.

Décidément, les prétendants de cette Coupe du monde n'ont pas beaucoup de marge, comme l'a aussi prouvé le match nul de la Croatie, vice-championne du monde 2018, contre un Maroc accrocheur (0-0).

Et les sensations pourraient se poursuivre en soirée lors d'Espagne-Costa Rica (17h00) et Belgique-Canada (20h00), qui proposent a priori des confrontations déséquilibrées entre un prétendant européen et un challenger moins coté.

Le Costa Rica et son gardien Keylor Navas, remplaçant au Paris SG, promettent de compliquer la vie à l'Espagne, très rajeunie, dans l'espoir de revivre l'épopée de 2014 qui avait conduit les "Ticos" jusqu'en quarts.

Et que dire du Canada, qui se dresse sur la route d'une Belgique privée de Romelu Lukaku ?

"Il y aura des surprises dans ce tournoi, en partie parce que la préparation est plus courte", a reconnu mardi l'Espagnol Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique.


 

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