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Rejeté de sa famille d'accueil, isolé à l'internat, moqué en Angleterre: les incroyables confessions de Kevin De Bruyne (vidéo)

Rejeté de sa famille d'accueil, isolé à l'internat, moqué en Angleterre: les incroyables confessions de Kevin De Bruyne (vidéo)

Kevin De Bruyne est revenu sur son parcours footballistique dans une interview très émouvante. Son départ à 14 ans, les problèmes dans sa famille d'accueil et l'explosion en Angleterre: le Belge s'est confié comme jamais.

Kevin De Bruyne est un joueur populaire. Le Diable Rouge est connu pour ses prises de position fermes et sa grande honnêteté. Un caractère qui peut le faire passer pour quelqu'un de prétentieux. C'est justement pour changer cette image que De Bruyne a répondu aux questions de Player's Tribune. 

Un entretien unique dans lequel De Bruyne revient sur son parcours. Tout a commencé en 2005, lorsque ce gamin de 14 ans a intégré les équipes de jeunes de La Gantoise puis du Racing Genk. "A 14 ans, j'ai quitté mes parents. La première année, je me suis retrouvé dans un grand internat, où tu dors avec tout le monde. Heureusement, la deuxième année, j'étais dans une famille d'accueil", a expliqué De Bruyne. Mais les choses ne sont pas passées comme prévu. "Je suis quelqu'un qui est bien tout seul, je suis du genre timide. Je pensais que tout allait bien, à la fin de l'année, tout allait bien. Mes parents d'accueil n'ont jamais dû aller à l'école pour des problèmes, scolaires ou disciplinaires. Tout va bien, l'année est finie. Je leur dis au revoir sans savoir ce qu'il va se passer".

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C'est là qu'un premier déclic se crée. "Je rentre chez moi et mes parents étaient tristes, ils pleuraient.J'étais là, 'qu'est-ce qui ne va pas ?", et là ils m'ont dit que ma famille d'accueil ne voulait plus de moi. Je leur ai demandé pourquoi et ils m'ont répondu que c'était 'à cause de la personne que tu es'. Je ne comprenais pas. 'Tu es difficile à cerner, tu es très calme. Tu as du mal à interagir avec les enfants présents sur place. Ils te trouvent juste difficile. Ce n'est pas agréable d'entendre ça quand tu as 15 ou 16 ans. Et ça m'a poursuivi au début de ma carrière, j'avais la réputation d'être quelqu'un de difficile parce que je suis quelqu'un de calme et de timide. Et ça m'a mis en difficulté".


L'explosion au Racing Genk


Ces incidents ont marqué le jeune De Bruyne, qui a ensuite réussi à faire son trou chez les pros du Racing Genk. Une arrivée qui a tout changé dans son parcours. "J'entrais en rhéto et j'ai intégré l'équipe réserve de Genk. J'ai dit à mes parents, en deux mois, je serai en équipe première. Un mois plus tard, j'y étais déjà. Et là, tout a changé. Je me souviens d'une conversation avec ma maman d'accueil, en été, avant la saison. Elle venait déposer ses autres enfants ici. Elle a commencé à m'expliquer qu'ils voulaient que j'aille à l'internat et que je revienne le weekend. Je leur ai répondu 'si vous ne voulez pas de moi, je m'en fous. Je ne vous aime plus. J'ai été gentil avec vous, vous n'avez pas eu la décence de me dire ce que vous pensiez, je vais vous le dire en face: je ne vous aime plus'"

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De Bruyne sous la vareuse de Genk.

De Bruyne est alors en internat. Il doit cumuler la vie de footballeur professionnel à celle d'un étudiant. Le tout en intégrant la rigueur imposée par l'internat. "A l'internat, tu as des règles. Tu vas manger à 18 ou 19 heures, puis tu étudies jusque 20 heures. Après tu as du temps libre et à 21 heures tu dois être dans ta chambre", explique le Diable Rouge. "Mais je rentrais de l'entraînement vers 21:30. Je devais encore manger et étudier. Tout le monde était déjà dans sa chambre, donc je ne voyais personne. L'internat me laissait à manger dans un tupperware, parfois ils oubliaient. Tu n'y penses pas à ce moment-là, mais en vérité, tu vis dans un monde isolé. Tout ce que tu faisais, c'est jouer au football. Et c'était ta décision. Mes deux premières années à Genk étaient les plus isolées de ma vie. D'un côté, j'ai perdu tout le monde, de l'autre, j'essayais de construire quelque chose. Et là tu comprends pourquoi tu as choisi le football. Même si tu doutes, tu te dis "si je n'y arrive pas, qu'est-ce que ça vaut comme sacrifice ?'", a-t-il ensuite précisé.


L'Eldorado d'Angleterre


La carrière de De Bruyne prend une autre tournure lorsqu'il rejoint Chelsea. Il entre alors dans une nouvelle dimension. S'il ne retient pas grand-chose de cette période, où il n'a pas beaucoup joué, il est par contre séduit par son passage à Manchester City. Une étape qu'il considère comme la plus importante de sa carrière.

"Après quelques années là-bas, à jouer régulièrement, à commencer à progresser, tu es là 'OK, les gens me remarquent maintenant'. On m'a mis dans le top 30 mondial, j'ai été nommé au Ballon d'Or, je suis aujourd'hui dans un cercle de gens dont on parle tout le temps. Les gens regardent mes matchs, qu'ils soient bons ou mauvais. Là, tu prends du recul. J'ai ma famille, mes enfants. J'ai plus que ce dont j'ai simplement besoin. C'est pour cela que j'ai fait du football", a expliqué Kevin De Bruyne.

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Alors, avec un certain recul, le Belge ne cache pas sa fierté en regardant dans le rétroviseur. "Je peux fièrement dire, et ce n'est pas de la prétention, que j'ai fait partie des meilleurs joueurs ces trois dernières années. Je pense pouvoir dire que je m'en suis bien sorti. J'ai aidé mon équipe à accomplir des choses géniales, qui n'avaient jamais été faites, surtout en Premier League. Il ne s'agit pas de toujours gagner, moi, ce que je veux, c'est jouer. Je veux montrer que je suis bien physiquement. Il n'y a rien de plus agréable que d'aider l'équipe à réaliser ses objectifs".

Il est également sous le charme de la philosophie appliquée par Pep Guardiola. "Ce projet va au-delà de la victoire. Il s'agit d'une manière de jouer et d'une philosophie générale. C'est pourquoi nous nous levons tous les matins, pourquoi nous sommes obsédés par tant de détails dans notre travail, pourquoi nous essayons de nous dépasser. Jouer un football simple est la chose la plus difficile du monde. Mais quand ça marche? Pour moi, c'est la plus grande joie que je puisse avoir dans la vie. Donc si nous réussissons ou non l'impossible, cette vague à laquelle nous aspirons devrait être appréciée par tous ceux qui aiment vraiment le football. Lorsque nous jouons de notre mieux, lorsque nous sommes fluides, c'est comme le nirvana pour moi."


"Regarder un match est une torture"


La saison du Diable Rouge est compliquée. Freiné par des blessures, De Bruyne a loupé la moitié de la saison. Il se souvient très bien du moment où il a du annoncer la gravité de sa blessure à sa compagne. "Les blessures et les matches que j'ai manqués ont été extrêmement difficiles pour moi mentalement. Etre assis et regarder un match depuis les tribunes est pire que la torture pour moi. Avec ma femme, nous sommes ensemble depuis presque sept ans et elle ne m'a jamais vu pleurer", a d'abord expliqué le joueur. 

"Même aux enterrements je ne pleure pas. Mais, plus tôt cette saison, je me suis blessé au genou contre Fulham. Il y avait des lésions aux ligaments. Les docteurs m'ont dit que je devais porter une attelle. C'est toujours un cauchemar quand tu ne peux pas mettre tes sous-vêtements sans aide. C'était un timing terrible, car ma femme venait de donner naissance à notre deuxième enfant la veille. Lors d'une discussion FaceTime avec elle, je lui ai dit qu'elle devra prendre soin de trois bébés. Et je suis tombé en larmes", a-t-il précisé.

"Je ne pouvais pas l'aider. Je ne sais pas si c'est l'émotion de voir notre enfant ou savoir que j'allais manquer des matches, ou peut-être les deux. Ma femme ne pouvait pas y croire. Mariages, enterrements, naissances? Je suis un roc. Mais si tu me retires le football? Oublie cela, je ne peux pas y faire face", affirme ensuite le Diable Rouge.

Un entretien très touchant, qui aborde les coulisses de la vie d'un footballeur de haut niveau.

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