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Les All Blacks repris en main par leur fédération, leur sélectionneur menacé

Échec historique face à l'Irlande à domicile, sélectionneur sur la sellette: les All Blacks font face à une crise à un peu plus d'un an de la Coupe du monde 2023, à tel point que leur Fédération a décidé d'une reprise en main "immédiate".

Déjà battus par le XV du Trèfle pour la première fois sur leur terre la semaine passée (23-12), les triples champions du monde (1987, 2011, 2015) ont subi une nouvelle déconvenue (32-22) samedi à Wellington, chutant ainsi pour la troisième fois en quatre matches devant Johnny Sexton et ses partenaires.

Ce match "prouve que l'empire des All Blacks s'effondre", a écrit le quotidien The New Zealand Herald, en soulignant des "preuves accablantes du triste déclin" des hommes en noir.

Dans les faits, c'est la première fois que les Néo-Zélandais perdent deux matches d'affilée à domicile contre une équipe européenne depuis la tournée victorieuse de la France en 1994.

Autant dire que le ciel s'est sérieusement obscurci au pays du long nuage blanc. De quoi sonner l'alerte générale pour rebondir avant le Mondial organisé en France (8 septembre - 28 octobre 2023).

"Les performances des All Blacks dans cette série n'étaient clairement pas acceptables", a grincé dimanche le patron de New Zealand Rugby, Mark Robinson, cité dans un communiqué.

Si les coéquipiers du capitaine Sam Cane, vivement tancé pendant cette tournée pour des performances jugées médiocres, voire insuffisantes, font l'objet de critiques, le sélectionneur Ian Foster, nommé en 2019 pour succéder à Steve Hansen à l'issue du Mondial (3e place), est lui sur un siège éjectable. La prolongation de son contrat, en août 2021, jusqu'au Mondial-2023, avait déjà été contestée.

- 66,7% de victoires -

Le bilan de Foster à la tête des Blacks alimente le débat. En 24 matches, il a concédé sept défaites pour un nul et seize victoires, soit un ratio de 66,7%, quand ses prédécesseurs Graham Henry et Hansen dépassaient les 80%.

A titre de comparaison, Graham Henry, sélectionneur de 2004 à 2011, en avait perdu sept en 53 test-matches et Hansen, le même nombre, en 89!

"Notre but est de travailler avec Ian (Foster) et son équipe pour bien comprendre, avant le Rugby Championship, ce dont nous avons besoin pour améliorer les performances et ce qu'il faut faire à partir de maintenant. Nous allons commencer ce travail immédiatement", a expliqué Mark Robinson.

- Pétition -

L'urgence est de mise car les Néo-Zélandais vont débuter leur prochaine saison par deux tests sur le sol des champions du monde sud-africains les 6 et 13 août.

Non seulement la Nouvelle-Zélande est désormais tombée à la quatrième place au classement mondial, indigne de son statut de nation-phare du rugby et une première depuis son instauration par World Rugby en 2003, mais elle ne fait plus peur.

En novembre, lors d'une tournée en Europe, elle avait ainsi été défaite coup sur coup par l'Irlande (29-20), déjà, puis la France (40-25).

Lors de leurs cinq dernières sorties, les All Blacks n'ont gagné qu'une fois, lors du premier test-match contre le XV du Trèfle (42-19) le 2 juillet à Auckland. C'était en l'absence de Foster, touché par le Covid-19, et qui avait confié l’intérim à l'ancien sélectionneur de l'Irlande, Joe Schmidt.

Samedi après le match, Foster a refusé d'évoquer son avenir. "Je ne suis ici que pour parler du match", avait-il dit.

Plus tôt dimanche, une conférence de presse du sélectionneur néo-zélandais a été annulée sans explication. Le technicien de 57 ans devra probablement s'expliquer dans les prochains jours devant le conseil d'administration de la Fédération.

Une pétition circule déjà sur le site change.org. Ses signataires demandent à ce qu'il soit remplacé par Scott Robertson, l'entraîneur des Crusaders, lauréats du Super Rugby.

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