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Dakar: Loeb stoppé net par le désert

Dakar: Loeb stoppé net par le désert
Sébastien Loeb assis près de sa Peugeot ensablée lors de la 5e étape entre San Juan de Marcona et Arequipa au Pérou, le 10 janvier 2018Franck FIFE

Pari perdu. L'ambition de Sébastien Loeb de gagner le Dakar pour sa troisième et dernière participation s'est fracassée dans les dunes du Pérou, après son abandon mercredi dès la 5e étape.

C'était la dernière spéciale du Dakar-2018 dans le piégeux désert d'Ica avant de monter en altitude. Mais pour le nonuple champion du monde des rallyes WRC et son copilote monégasque Daniel Elena, c'est déjà le terminus, à dix jours de l'arrivée à Cordoba en Argentine.

"Quand ça s'arrête comme ça, forcément, on n'est pas contents, a réagi Loeb à son retour au bivouac. C'est sûr que j'aurais bien aimé continuer et puis bien faire, parce que c'était bien parti. C'est comme ça, c'est la vie."

Alors qu'ils ouvraient la piste entre San Juan de Marcona et Arequipa (267 km de portion chronométrée), après leur victoire la veille, leur Peugeot 3008 DKR Maxi s'est ensablée deux fois dès les premiers kilomètres. La deuxième fois, alors qu'ils avaient perdu plus de deux heures, ils ont dû attendre l'assistance d'un camion pour se sortir d'un trou.

"Le sable était hyper mou. On s'est tanké une première fois, on est reparti. Dans une autre zone, on est arrivé sur une crête où une autre voiture était bloquée. On suivait Nasser (Al-Attiyah, le pilote Toyota), qui est passé, donc on y est allé aussi, mais je n'ai pas vu que derrière la crête il y avait un trou. Et bam, on est tombé net dans le trou!", a déclaré Loeb au moment d'abandonner.

- 'Il hurlait' -

Si la voiture fonctionnait encore, c'est l'état de santé d'Elena, qui souffre d'une fracture du coccyx, qui les a forcés à dire stop à l'issue de la première partie de la spéciale, au km 53. "Je roulais au ralenti, à 30 km/h, et il hurlait dans la voiture", a décrit l'Alsacien.

"J'étais obligé de me raidir dans l'habitable afin d'éviter la douleur de la position assise. D'habitude, je ne lâche rien mais, là, je ne me sens vraiment pas de continuer sur un terrain où il y a autant de compressions", a expliqué Elena.

Sébastien Loeb n'avait jamais caché que le sable n'était pas son terrain de prédilection. Les cinq jours dans le désert péruvien auront donc eu raison de son ambition, alors que se profilaient, à partir de jeudi, des étapes de piste qui lui convenaient mieux.

L'arrêt est brutal, car Loeb et Elena restaient sur un beau succès mardi autour de San Juan de Marcona dans les mêmes dunes. Mais en partant en premier mercredi, ils n'ont pas su naviguer correctement sans l'aide des traces des véhicules partis avant eux.

Le duo connaissait également une progression constante sur le Dakar: 9e en 2016, 2e l'année passée, les deux pilotes devaient briller lors de cette édition, leur dernière, à eux et à Peugeot. Ils étaient encore 2e du classement général au départ.

"C'est vraiment dommage qu'ils terminent le Dakar comme ça. Même en ayant perdu deux heures, rien n'était joué. C'est vraiment dommage pour eux, pour nous aussi", a réagi le patron du Team Peugeot Bruno Famin.

Cet abandon fait les affaires de Stéphane Peterhansel (Peugeot), double tenant du titre et recordman de victoires dans la compétition (13). Après Cyril Despres et Nasser Al-Attiyah mardi, c'est un troisième concurrent qui lâche ainsi la roue du pilote franc-comtois, vainqueur mercredi et qui compte plus de 30 minutes d'avance au général sur son dauphin Carlos Sainz. Les dunes n'ont pas fait que des malheureux.

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