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Athlétisme: Jeff Erius, l'avenir radieux du sprint français

 
 

Dix-sept ans, 1,88 m, 73 kilos, seulement trois saisons d'athlétisme derrière lui et déjà un record de France cadets du 100 mètres en 10 secondes 36: le jeune Strasbourgeois Jeff Erius s'annonce comme le futur grand bonhomme du sprint français.

Le jeune homme longiligne a pris sa première licence à seulement 14 ans, mais rapidement ses entraîneurs ont vu les possibilités du phénomène.

"Pendant ma carrière j'ai déjà entraîné des jeunes avec de belles performances, mais les qualités de Jeff sont largement supérieures aux autres", estime ainsi son coach Adrian Stan, qui a récemment pris la suite d'Emma Lecerf pour façonner le jeune athlète.

Au même âge, Christophe Lemaitre courait la distance en 10.52 et Jimmy Vicaut en 10.56. Ce sont les deux Français les plus rapides de l'histoire et le second codétient le record d'Europe (9.86). C'est dire le potentiel du sprinter strasbourgeois.

"Il a une vitesse de contraction musculaire extrêmement rapide et il a un pied très ferme au sol. Et en dehors de ça, on a aussi un garçon très équilibré et qui n'est pas stressé en compétition", poursuit le technicien d'origine roumaine, qui a entraîné des centaines de jeunes athlètes depuis ses débuts en 1977.

"Il est en 10.36 à 17 ans, je pense qu'il pourra descendre facilement sous les 10 secondes au 100 mètres. Si on compare avec Christophe Lemaitre par exemple, il a déjà trois ans d'avance sur ses performances, et il a encore une marge de progression", ajoute Adrian Stan.

Jeff Erius, dont la famille est originaire d'Haïti, a un grand frère et une grande soeur qui jouent tous deux au foot, et un petit frère basketteur. Dans cette fratrie sportive il a choisi l'athlétisme pour se démarquer de ses aînés et accompagner un copain d'école.

- Progression fulgurante -

"J'ai commencé l'athlétisme à 14 ans, vraiment comme un loisir", rappelle-t-il. "Mais mon tout premier 50 mètres en compétition, en minimes, je n'avais pas de pointes, j'étais en jogging et malgré ça je me suis classé dans les 10 premiers temps en France de ma catégorie, alors que je venais de commencer depuis trois mois !"

"Ensuite j'ai fait mon premier 100 mètres un mois plus tard et là j'ai fait 11.16: je suis directement passé premier dans le classement français de ma catégorie, c'était vraiment une surprise", se souvient-il.

Depuis, sa progression reste fulgurante, jusqu'au 10.36 claqué le 30 mai à Mulhouse. Il a même couru en 10.29 en séries, mais avec un vent trop favorable.

L'élève en classe de 1re issu du quartier du Neuhof a ainsi rempli son premier objectif de la saison, qui était de battre le record de France (cadets) du 100 m: "Ce n'est pas mon premier record sur 100 m, je l'avais pris aussi en minimes, mais le fait de l'avoir pris à Sasha Zhoya me rend super fier. Maintenant j'aimerais essayer de lui prendre le record du 200 m. Lui c'est un peu la référence chez les jeunes donc ça donne envie d'aller plus loin !"

- Finale olympique -

Sasha Zhoya, à peine plus âgé que Jeff Erius, est à 18 ans un autre grand espoir de l'athlétisme français. Son record national sur 200 m en cadets est à 20.91 et Jeff Erius a couru en 20.96 à Mulhouse. Le Strasbourgeois qui n'a disputé que deux 200 m en compétition compte améliorer son temps très prochainement.

Il reste malgré tout encore loin de l'Américain Erriyon Knighton, qui vient de battre le record du monde cadets de la distance d'Usain Bolt (20.11 contre 20.13).

"Oui, ça met un sacré coup de se dire qu'il a le même âge que moi, mais je n'en démords pas: je me dis que j'ai encore de la marge. En tout cas je ne me décourage pas, bien qu'il y ait quand même une sacrée différence entre nous pour le moment", avoue Jeff Erius.

Adrian Stan estime en tout cas que le jeune Strasbourgeois a les capacités pour arriver très haut: "Il est né sprinteur et il est passionné. Il a des capacités physiques exceptionnelles, on croise rarement des garçons comme lui. A mon avis il sera un jour en finale du 100 m olympique, il a tout pour".

Jeff Erius préfère toutefois rester prudent: "Les JO-2024, on m'en parle souvent, mais honnêtement je préfère ne pas trop y penser. Si j'ai de la chance j'aimerais bien y aller déjà avec un collectif relais, ce serait déjà super pour mon âge. Sinon si vraiment je dois faire les JO un jour ce sera plutôt 2028 (à Los Angeles). Je préfère ne pas être prétentieux et dire que ça reste à voir".




 

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