Biathlon: Julia Simon, espoir sous tension

Biathlon: Julia Simon, espoir sous tension
La biathlète française Julia Simon sur le pas de tir lors du 12,5 km de Pokljuka (Slovénie), le 26 janvier 2020 Jure Makovec
 
 

A 23 ans, la benjamine de l'équipe de France Julia Simon semblait avoir franchi un cap cette saison et attaquait les Mondiaux de biathlon avec de réelles chances de médailles sur le plan individuel. Mais avec sa défaillance lors du relais mixte jeudi, elle affronte déjà le premier gros test de sa toute jeune carrière.

La skieuse des Saisies (Savoie) a totalement raté sa course en ouverture des Championnats du monde, handicapant d'entrée les Bleus (7e) avec un tour de pénalité dès son premier tir couché. Une sacrée tuile pour celle qui est passée subitement cet hiver du rang d'espoir à celui de N.1 française avec une 5e place au classement général de la Coupe du monde.

En larmes à l'arrivée, sera-t-elle capable de réagir alors que le sprint dames est programmé dès vendredi? Elle s'est en tout cas mise une belle pression et va devoir rapidement se remettre en selle sous peine de vivre un calvaire en Italie.

Jusqu'ici, tout avait pourtant parfaitement souri à la Savoyarde, auteure de ses deux premiers podiums en décembre à Ostersund (Individuel) et en janvier à Oberhof (sprint). Simon faisait même bien mieux que sa coéquipière Justine Braisaz, sociétaire du même club et son aînée de trois mois.

Les deux biathlètes ont grandi ensemble mais leurs tempéraments sont aux antipodes. Alors que Braisaz est souvent insondable, sur et en dehors de pistes, et pêche encore par une trop grande irrégularité, Julia Simon a gravi rapidement les échelons tout en affichant détachement et décontraction.

Pour se donner les moyens de réussir, elle n'a ainsi pas hésité l'été dernier à quitter son environnement familial et son cocon des Saisies pour s'établir à La Feclaz (Savoie).

- Equilibre fragile -

"Je me suis rendue compte qu'à la maison, il n'y avait pas les infrastructures pour progresser, a-t-elle expliqué avant le début des Mondiaux. Il fallait chercher des pas de tir, des pistes de ski-roues pour s'entraîner. La Feclaz c'est assez central. Depuis 2 ans, le biathlon c'est mon gros projet. J'ai mis toutes les chances de mon côté pour performer."

Des choix forts qui n'ont pas tardé à payer sur le circuit. Mais son échec sur le relais mixte prouve que l'équilibre reste fragile. Si Frédéric Jean, l'entraîneur de l'équipe de France dames, avait salué mardi "un gros changement au niveau de la maîtrise" et sa "capacité à ne pas s'affoler", le joyau doit encore être poli.

C'est surtout derrière la carabine que la Française connaît de gros soucis, comme elle l'a cruellement constaté jeudi. Simon, qui se targue d'avoir "l'esprit de compétition", indique avoir "beaucoup travaillé" avec Franck Badiou, le nouvel entraîneur de tir des Bleues. Avec le vice-champion olympique (1992), ex-technicien chez les hommes (2016-2018), elle a pu mettre le doigt sur ses petits travers et assure avoir "révolutionné sa technique".

Mais visiblement, il faudra encore un peu de temps avant de toucher du doigt la perfection au tir. Simon, qui disait aborder les Mondiaux "sans pression", devra en tout cas trouver très vite la clé pour ne pas voir son séjour dans le Tyrol ialien tourner au cauchemar et dilapider son excellent début de saison.




 

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