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De l'impact de NBA 2K sur la vraie NBA

De l'impact de NBA 2K sur la vraie NBA
Des personnes jouent au jeu de simulation de basket NBA 2K20, le 5 septembre 2019 à Los AngelesJohn Sciulli

Des stars qui commentent leur note, certains affirmant même y puiser un surplus de motivation, d'autres qui se servent du jeu vidéo comme d'une simulation réaliste: certes à relativiser, l'impact du blockbuster NBA 2K20 sur la vraie NBA est manifeste.

Chaque année, un mois avant le début de la saison, un rendez-vous met en ébullition la planète NBA: la sortie du dernier "2K". Avec toujours cette même impatience, éprouvée par les acteurs du jeu, de connaître leur note.

Marketing oblige - le jeu est développé en partenariat avec la NBA et le syndicat des joueurs (NBPA) -, la divulgation de ces notes implique parfois les joueurs eux-mêmes, comme Damian Lillard présent lors du lancement. "J’ai un 93 ? Ça me va. Ça laisse la place pour progresser", a réagi la star de Portland.

L'ailier de Boston Jayson Tatum, filmé en direct, a lui plutôt mal pris d'être passé de 87 à 85. A ses côtés se trouvait Ronnie Singh, le "gourou" des notations auprès duquel n'hésitent pas à se plaindre les mécontents, quand d'autres se félicitent de leur traitement.

"Certains basketteurs contactent même Ronnie directement pour connaître leur note", assure-t-on fièrement chez 2K Sports, à propos de cet influenceur devenu l'ami de stars comme Kyrie Irving.

"Si la note est basse ou pas à la hauteur de leurs attentes, les joueurs ressentent ça comme un manque de respect", résume Rudy Gobert (Utah Jazz) à l'AFP.

- Améliorer la note -

Les développeurs chez Visual Concepts expliquent que leur méthode s'appuie sur les statistiques officielles des joueurs, combinées à une multitude d'autres facteurs, individuels et collectifs, permettant d'évaluer chacun de leurs attributs. Tout est analysé afin d'établir un classement poste par poste.

"Ce sont des représentations numériques parfaitement exactes des joueurs", avance 2K Sports qui "tient compte de leurs performances en cours de saison pour les réévaluer".

Un argument retenu par l'intérieur Hassan Whiteside en 2017, qui avait promis "d'enchaîner les bons matches pour améliorer (sa) note". Idem, cette année, avec le rookie-phénomène Zion Williamson (New Orleans), qui a signé un partenariat avec 2K Sports: "c'est le rêve ultime. Je n'ai pas besoin de créer mon joueur, je suis déjà dedans. Maintenant, il faut que bosse pour faire progresser ma note".

La modélisation des joueurs, leurs visage, coupes de cheveux, tatouages, accessoires, sont aussi scrutés par les intéressés, rétribués par l'éditeur, Take Two Interactive, pour l'utilisation de leur nom et image.

Evan Fournier (Orlando) a ainsi chambré Vincent Poirier, nouveau venu à Boston, en découvrant son avatar. "Faut qu'on parle de la gueule de @viinze_17P", a-t-il tweeté avec des émoticônes "larmes de rire". Et Poirier de répondre à 2K Sports: "J’ai pas un nez comme ça".

Richard Jefferson, ancien champion NBA avec Cleveland (2016), estime que "personne ne devrait prendre au sérieux ce jeu", mais Rudy Gobert rappelle que la jeune génération "si". "Car elle a grandi en jouant à 2K."

- 2K avant le parquet -

La plus grande star du basket LeBron James reste lui un gamer averti à bientôt 35 ans.

"Je joue comme je le fais dans la vie. Ça énerve mes amis. Ils s'attendent à ce que je shoote à chaque fois, mais je joue de la bonne façon. Je fais des pick and roll, si on me fait des prises à deux, je trouve des shooteurs... Si mon adversaire a un mec chaud, je trappe. Je joue au vrai basket", a-t-il récemment détaillé.

Cet été, avant qu'Anthony Davis ne le rejoigne aux Lakers, il a préparé leur association sur NBA 2K, testant systèmes et combinaisons.

"LBJ est un scientifique du basket, qu’il fasse ça n’est pas très étonnant", observe Jacques Monclar, consultant chez beIN Sports, soulignant toutefois que "de vraies analyses de matches sont plus efficaces".

"Le jeu a pu inspirer LeBron, il est réaliste. Mais ce n'est pas la réalité", tempère également Rudy Gobert.

Au fil des éditions, NBA 2K n'a cessé d'intégrer tous les pans de la culture basket, la musique, les sneakers, les talk-shows, contribuant au succès planétaire de la Ligue.

"Le jeu est une bénédiction pour la popularité de la NBA", abonde Jacques Monclar pour qui, toutefois, "il faut mettre en perspective les choses: c'est avant tout un business".

Les chiffres en attestent: en 20 ans, plus de 90 millions d'unités ont été vendues dans le monde, selon l'éditeur qui a signé en janvier un contrat de 1,1 milliard de dollars sur sept ans avec la NBA, après s'être lancés ensemble dans l'e-sport avec NBA 2K League.

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