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JO-2020/Judo: Riner en route pour la légende, si le genou tient

 
 

Il n'y a pas de meilleur endroit pour entrer dans la légende: vendredi au Nippon Budokan, le temple du judo japonais, Teddy Riner tentera de décrocher un troisième titre olympique consécutif, un exploit rarissime et une quête contrariée par une préoccupante blessure au genou.

Fragile n'est pas vraiment l'adjectif qui vient en tête au moment de décrire Teddy Riner, ses deux titres olympiques, ses 10 couronnes mondiales, ses 2,03 m et ses quelque 140 kg, de muscles quand il est en configuration compétition.

Et pourtant, il y a aujourd'hui un petit doute au moment de voir le Guadeloupéen entrer en lice aux JO, à la poursuite d'un troisième titre consécutif, un exploit réalisé jusqu'ici par le seul Tadahiro Nomura, sacré chez les légers en 1996, 2000 et 2004.

Ce doute, cet ennemi invisible plus redoutable peut-être que les adversaires de valeur que Riner pourrait croiser sur son chemin, c'est le ligament croisé de son genou gauche.

- Vraie tuile -

Pendant des mois, le secret a été bien gardé. De fin février, date à laquelle son genou a cédé lors d'une séance d'entraînement au Maroc, à la semaine dernière, quand la vérité a été révélée dans un documentaire diffusé par France Télévisions, où l'on voit le champion tomber et pousser un cri de douleur.

"A ce moment-là, je pensais que je m'étais fait les (ligaments) croisés... Je pensais que j'allais prendre sept mois et que c'était foutu. Ca va tellement vite, je me dis putain ça c'est grave, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal", a-t-il raconté à l'AFP.

Finalement, la blessure s'est consolidée plus vite que ce qui était diagnotiqué, mais Riner a tout de même était privé de judo pendant "deux bons mois", pas précisément l'idéal alors que sa seule compétition de l'année remonte au mois de janvier et qu'il s'apprête à affronter les meilleurs lourds de la planète.

"Bien sûr, de temps en temps, mon genou me fait mal, mais ça ne m'empêche pas de m'entraîner, ça ne m'empêche pas d'aller au bout de moi-même", a pourtant assuré le Guadeloupéen.

Tout de même, la révélation de cette vraie tuile pose question. Pourquoi en avoir parlé ? Et pourquoi aussi près des JO ? Le champion veut-il préparer les observateurs à un éventuel échec, lui qui n'en a pratiquement jamais connu ? Est-il au contraire sûr de lui et s'amuse-t-il à jouer avec la psyché de ses rivaux en injectant un peu de doute supplémentaire dans leurs cerveaux ?

- Tableau relevé -

En temps normal, cela n'aurait sans doute pas été indispensable tant le Français domine son sujet. Ses deux défaites de l'année 2020, les premières depuis 10 ans et après une série de plus de 150 succès d'affilée, sont venues rappeler que l'invincibilité n'existait pas, mais Riner a marqué le coup en remportant en janvier son tournoi de rentrée au Masters de Doha.

A Tokyo, son tableau ne sera pas de tout repos, avec cinq combats jusqu'à la médaille d'or. Après un premier tour a priori gérable contre l'Autrichien Stephan Hegyi (22 ans), médaillé de bronze aux Championnats d'Europe en 2018, Riner pourrait en effet retrouver l'Israélien Or Sasson, qui avait été sa victime en demi-finale des JO-2016 à Rio, avant de finalement prendre le bronze.

En quarts de finale, Riner pourrait ensuite affronter le Russe Tamerlan Bashaev, N.1 au classement mondial, un petit gabarit susceptible de lui empoisonner la vie. Le Géorgien Guram Tushishvili, champion du monde en 2018, figure lui aussi dans la partie de tableau du Français, alors que le Japonais Hisayoshi Harasawa (N.2 mondial), que Riner avait battu en finale à Rio, est de l'autre côté.

Le genou, lui, sera toujours là, comme une menace de l'intérieur. S'il tient, le troisième or ne sera pas loin.


 




 

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