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JO-2020: le gymnaste Samir Aït Saïd revient pour exorciser Rio

JO-2020: le gymnaste Samir Aït Saïd revient pour exorciser Rio
Samir Aït Saïd lors des qualifications des JO de Tokyo, le 24 juillet 2021Loic VENANCE
 
 

Le porte-drapeau de l'équipe de France et spécialiste des anneaux, Samir Aït Saïd, débarque lundi dans l'arène olympique de Tokyo avec la ferme intention de monter sur le podium et ainsi exorciser les JO de Rio, où il s'était brisé la jambe.

Cette fois-ci, "je ne repars pas sur une civière mais avec une finale !", avait-t-il lâché éclatant de joie samedi à l'issue des classifications, où il s'est classé troisième avec 15,066 points, décrochant haut la main sa place de finaliste.

La veille au soir pour la cérémonie d'ouverture, il s'était permis une petite facétie en mondovision : un salto arrière à son entrée dans le stade olympique, en tête de la délégation française, aux côtés de l'autre porte-drapeau, la judoka Clarisse Abgégnénou.

Celle-ci a depuis remporté l'or qui manquait à son palmarès et Samir Aït Saïd fera tout pour l'imiter, lui qui a "faim" de victoire.

Il piaffe d'impatience : "Le tigre a envie qu'on lui ouvre la cage", a glissé cette semaine à l'AFP son entraîneur Rodolphe Bouché. Devant lui, le champion olympique en titre grec Eleftherios Petrounias, le Chinois Liu Yang et, en embuscade, le Turc Ibrahim Colak.

Samir Aït Saïd qui s'entraîne à Antibes a soif de revanche. Il n'avait pas pu se rendre aux JO de Londres en raison d'une blessure. Et à Rio, il a été victime d'une double fracture tibia péroné à la réception d'un saut dès les qualifications, la jambe en équerre, sous les yeux du monde entier.

- "Combat contre moi-même" -

Un an après, il reprend la compétition. En 2019, aux Mondiaux de Stuttgart (Allemagne), il arrache du bronze et sa qualification pour les Jeux de Tokyo.

Nul doute qu'il aura en tête son père décédé après Rio et à qui il avait promis de ramener une médaille du Japon. Mais aussi sa fille né fin mars qui lui donne "une force supplémentaire".

Tout le monde lui reconnaît un mental de "guerrier", en plus de qualités physiques exceptionnelles. Blessé cet hiver à un biceps, il n'a pas fait de compétition, a dû brièvement arrêter l'entraînement et a perdu plus de 10 kilos pour arriver affûté à Tokyo.

Son parcours en dents de scie a su attirer la sympathie du milieu sportif, puisqu'il a été désigné porte-drapeau de l'équipe de France à la surprise générale.

Adepte des sports de combat, il a intégré la boxe et le ju-jitsu brésilien à part entière dans sa préparation. Il ne s'est pas encore mis au MMA (arts martiaux mixtes) qu'il affectionne également.

En finale des anneaux, ce sera "un combat contre moi-même", expliquait-il à l'AFP début juin.

"Peu importe qui on me met en face que ce soit un Grec, un Chinois, un Russe, je m’en +tape+ complet, je vais là-bas pour faire mon boulot, représenter la France et la faire briller", lançait-il.

S'il monte sur le podium lundi, ce serait pour la gym française une première médaille depuis Londres en 2012 où Hamilton Sabot avait remporté le bronze aux barres parallèles.


 




 

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