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Mondial-2019 de rugby: des Fidji à prendre au sérieux

Mondial-2019 de rugby: des Fidji à prendre au sérieux
Le sélectionneur néo-zélandais des Fidji, John McKee, à Wellington, le 10 juin 2019Marty MELVILLE

Ses bolides sont insaisissables, tout le monde le sait. Mais le sélectionneur John McKee a fait de la discipline le coeur de son programme pour que les Fidji survivent à une poule D ardue à la Coupe du monde de rugby (20 septembre - 2 novembre).

Leone Nakarawa, Vereniki Goneva, Semi Radradra... Ces stars des championnats de France ou d'Angleterre feraient rêver n'importe quel entraîneur, mais les Fidji, faute de moyens financiers, ne sont encore qu'une nation de second rang, avec deux quarts de finale (1987 et 2007) dans la compétition en guise de meilleur résultat.

Faire aussi bien au Japon signifie éliminer l'Australie, vice-championne du monde en titre, ou le Pays de Galles, vainqueur du dernier Tournoi des six nations. Compliqué? C'est pourtant Bernard Foley, l'ouvreur des Wallabies, qui a peur des Flying Fijians.

"Ils ont l'air de construire une équipe remarquable", dit le N.10 australien, qui affirme ne pas pouvoir se permettre de se projeter déjà sur le deuxième match face aux Gallois. "Nous aurons bien conscience de leurs armes offensives et de la manière dont nous voulons les jouer."

Si l'archipel du Pacifique est craint de ses adversaires, c'est qu'il a prouvé, en s'imposant pour la première fois contre la France (21-14) en novembre à Paris, qu'il devait enfin être pris au sérieux.

Un sérieux que McKee n'a cessé d'insuffler depuis son arrivée comme sélectionneur en 2014. Sans vouloir brider ses pépites dans leurs penchants offensifs, le Néo-Zélandais a travaillé les côtés moins spectaculaires de la discipline, notamment les mêlées et les touches chez les avants.

Il a prôné la discipline à l'entraînement et dans la nutrition, ainsi que de la constance sur le terrain. Et donc de la discipline au sens propre, pour en finir avec les matches vendangés à cause de plaquages dangereux ou autres mauvais gestes générateurs de pénalités. "Les cartons jaunes affectent la performance, donc nous devons jouer un rugby dur mais propre", réclame McKee.

Mâtiner ces talents bruts d'une approche professionnelle: après tout, c'est ce que l'Anglais Ben Ryan a réussi à faire avec la sélection à VII, pour la mener jusqu'au titre olympique de 2016.

McKee est encore loin d'un titre mondial mais la victoire en France, celle sur les Maoris néo-zélandais et 4 succès consécutifs dans la Pacific Nations Cup (de 2015 à 2018) montrent que les Fidji sont en réelle progression.

Après le succès contre les Tonga (29-19) fin août, McKee a salué la rigueur défensive de ses troupes. Australiens et Gallois sont prévenus: les Fidjiens sont prêts.

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