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Mondial de basket: pour les Bleues, vents contraires et saut dans l'inconnu

 
 

Si jamais les Bleues avaient besoin d'adversité pour se sublimer, alors elles ne manqueront pas de carburant au Mondial de basket: décimées par les blessures avant le coup d'envoi jeudi à Sydney face à l'Australie, elles abordent la compétition plongées dans l'inconnu.

Le sélectionneur Jean-Aimé Toupane pensait sans doute être arrivé au bout de ses peines fin août après le forfait de Sandrine Gruda, meilleure marqueuse de l'histoire de l'équipe de France et capitaine en l'absence d'Endy Miyem. Laquelle avait elle renoncé, sur blessure aussi, avant même l'été, comme la meneuse Alix Duchet et, pour raisons personnelles, l'ailière Valériane Vukosavljevic.

C'était sans compter sur le sort qui semble s'acharner sur les Bleues et a frappé lundi après-midi, lors de l'ultime galop d'entraînement face aux Etats-Unis: l'arrière Marine Johannès, principale force de frappe offensive en l'absence de Gruda, a été victime d'une "lésion musculaire à la cuisse droite", selon le communiqué de la Fédération.

Elle doit donc à son tour déclarer forfait et l'équipe de France se retrouve amputée de la moitié des médaillées de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo à l'été 2021.

"C'est difficile pour tout le monde. On sait très bien l'importance qu'elle a pour l'équipe. C'est une joueuse qui score beaucoup, qui joue avec la balle. On ne la remplacera jamais. Forcément le jeu va être différent, mais ce n'est pas en 48h qu'on peut changer beaucoup de choses", déplore Toupane.

- "Faire front" -

Le sélectionneur, qui appelle "chacune à hausser un peu son niveau de jeu pour compenser" et à "être encore plus solidaires en défense", espère que le forfait de Johannès (remplacée par Mamignan Touré) "va encore plus souder l'équipe pour faire front, nous donner du caractère".

"On va voir si on est une vraie équipe ou pas. Quand tout est lisse, facile, ce n'est pas drôle", renchérit l'intérieure Alexia Chartereau.

Les Bleues rient jaune et abordent dès lors la compétition avec la pancarte d'outsider encore davantage visible qu'elle ne l'était avant le forfait de l'arrière de Lyon-Villeurbanne.

"C'est sûr que du coup, personne ne nous attend", consent Marine Fauthoux, meneuse d'une équipe à l'effectif et au style de jeu renouvelés.

Malgré le bronze olympique, la Fédération a en effet décidé, en vue des JO-2024 à Paris, d'impulser un nouvel élan en remplaçant la sélectionneuse Valérie Garnier par Toupane, adepte d'un jeu plus athlétique.

La greffe a eu du mal à prendre pendant les premiers mois, avec des défaites contre l'Ukraine à l'automne puis face au Nigeria et à la Chine en février.

Mais Toupane, qui n'avait encore jamais entraîné chez les féminines à haut niveau, et les Bleues l'assurent: grâce au temps octroyé par la préparation, les nouveaux principes de jeu se mettent en place.

- Retrouvailles -

Les Bleues devront en tout cas être prêtes rapidement pour sortir d'une poule très relevée composée notamment de deux adversaires contre qui elles ont perdu en amical il y a quelques jours, l'Australie (défaite 92-88), et le Japon (69-59).

Les Japonaises avaient barré la route de la dernière finale olympique à la France (87-71), qui retrouvera au Mondial un autre de ses récents bourreaux: la Serbie, en finale de l'Euro-2021 (63-54).

Le Canada, régulier au plus haut niveau, et le Mali complètent cette poule dont il faudra, à l'issue d'un parcours du combattant de cinq matches en six jours, prendre l'une des quatre premières places pour voir les quarts.

Et si possible éviter la quatrième afin de ne pas croiser l'ogre américain, triple tenant du titre.

"J’espère qu’on va créer la surprise, souffle l'ailière Gaby Williams. On n'a pas beaucoup de pression parce qu'on est jeune. On va essayer de +kiffer+, de profiter, et quand tu joues comme ça, les bonnes choses arrivent."


 

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