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Top 14: silence, on joue, le rugby à huis clos

Pendant que le XV de France tentera de remporter le Tournoi des six nations, le Top 14, encore amputé de deux rencontres pour des cas de Covid 19, vivra sa première journée sous huis clos intégral samedi et dimanche, reconfinement oblige.

"Beaucoup de Français ne vont pas pouvoir exercer leur métier et vivre leur passion dans les semaines à venir. Nous avons cette chance, il faut que nous ayons un comportement et une attitude qui leur permettent de prendre du plaisir et de s'identifier. Si nous pouvons offrir un peu de plaisir aux téléspectateurs durant cette période, c'est déjà quelque chose."

En trois phrases, l'entraîneur de Clermont Franck Azéma résume la mission du rugby professionnel français, placé devant un défi historique: survivre économiquement à un mois de rencontres à huis clos, alors que son modèle économique dépend à 60% des revenus des matches.

"Il faut faire vivre notre sport, garder le lien", abonde, contacté par l'AFP, le président de Pau Bernard Pontneau qui, comme ses homologues, attend l'aide du gouvernement pour compenser en partie les pertes subies depuis le début de la pandémie. "Autrement", prévient le Béarnais, "on ne pourra pas envisager jouer au-delà de la fin de l'année 2020".

En attendant, le Top 14 se poursuit donc sans spectateurs, une première pour le championnat qui avait jusqu'ici échappé au huis clos, se contentant de jauges de spectateurs (1.000, 5.000, 10.000) vitales pour les clubs. "Il va falloir jouer un mois comme ça, il n'y a pas plus de questions à se poser", réagit l'entraîneur des avants toulousains Jean Bouilhou, qui avait goûté au huis clos lors de la demi-finale de Coupe d'Europe perdue à Exeter. "On a été un peu surpris du silence, mais après, tout le monde s'est adapté."

Les reports, le Top 14 y est en revanche déjà habitué: seules les 2e et 6e journées ont jusqu'ici pu se dérouler dans leur intégralité, la moitié des clubs (Stade Français, Racing, Castres, Bordeaux-Bègles, Bayonne, Lyon) ayant déjà compté au moins 3 cas de Covid-19 en une semaine au sein de leur effectif, seuil de déclenchement du report. La 7e journée ne fera pas exception, avec Bayonne-Toulon et Lyon-Montpellier reportés.

- Un trio à départager -

Dans un classement toujours dur à lire avec ces matches à rattraper, un trio de tête a émergé, composé de Toulouse, Clermont et La Rochelle. Mais en cette période de doublons, les Toulousains (1ers) sont apparus nettement affaiblis par l'absence de leurs sept internationaux français face à Lyon, qui a mis fin à deux ans d'invincibilité du Stade à domicile (16-7).

Le déplacement au Stade Français est l'occasion de rebondir, mais les Parisiens (10e), battus de peu par le Racing (27-25), ne veulent pas s'incliner pour la seconde fois d'affilée à Jean-Bouin. "On s'attend à un match très engagé de leur part", dit Bouilhou.

L'ASM (2e), sur la pente ascendante après trois succès de rang à Marcel-Michelin, se rend à Brive avec l'objectif d'obtenir un premier succès à l'extérieur. "La conquête et la défense seront des incontournables de ce déplacement", esquisse sans surprise Azéma. Celui de La Rochelle (3e) à Pau (5e) sera aussi intéressant à suivre, les deux clubs ayant fait étalage de leur potentiel offensif depuis le début de saison.

Le Racing (6e) voudra digérer définitivement son échec en finale de Coupe d'Europe en s'imposant à Castres (13e), en recherche d'un premier succès depuis la contamination massive de son effectif au Covid-19.

La rencontre la plus tendue sera assurément le derby aquitain entre Bordeaux-Bègles (12e) et Agen (14e): les Girondins, qui comptent deux rencontres en moins, n'ont plus gagné depuis leur premier match contre Brive mi-septembre, tandis que le SUA compte 6 revers en autant de rencontres.

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