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Top 14: une dernière valse à deux temps pour les futurs retraités

 
 

Sur le terrain pour Loïc Jacquet et Guilhem Guirado, depuis les tribunes pour les "légendes" Rory Kockott et Fulgence Ouedraogo: les futurs retraités de Castres et Montpellier connaîtront vendredi en finale du Top 14 une dernière danse contrastée.

On ne choisit pas toujours sa sortie. Eternel compétiteur, Kockott aurait sans aucun doute préféré raccrocher au Stade de France, la veille de ses 36 ans, dans un autre rôle que celui de mentor qu'il occupe sans broncher en cette fin de saison.

Le demi de mêlée emblématique du CO, avec lequel il a déjà soulevé le bouclier de Brennus à deux reprises en 2013 et 2018, a été dépassé dans la hiérarchie du poste par l'Uruguyen Santiago Arata et le jeune Jérémy Fernandez.

Même s'il ne joue pas, l'international français (11 sélections) d'origine sud-africaine "s'implique à 200%" dans le groupe, salue l'entraîneur des arrières castrais David Darricarrère.

"C'est sûr que c'est difficile humainement (de le laisser en tribunes), mais on est là pour le sportif. Il faut aussi et surtout qu'on pense à ça", explique-t-il.

- "Déception et frustration" -

A Montpellier aussi l'enjeu dépasse les sentiments. Même pour un monument comme Ouedraogo (35 ans, 39 sélections), l'homme d'un seul club, dont il a fièrement défendu les couleurs pendant dix-huit saisons.

Comme Kockott, le troisième ligne n'était pas sur la feuille de match en demi-finale et, sauf blessure, ne devrait pas l'être non plus vendredi soir à Saint-Denis.

"Notre troisième ligne est assez bien équilibrée. C'est peut-être le poste où j'ai le plus d'effectif actuellement", justifie l'entraîneur montpelliérain Philippe Saint-André.

"C'est difficile pour lui, mais je suis aussi ici pour prendre des décisions et essayer de faire l'équipe la plus compétitive", ajoute l'ancien sélectionneur des Bleus (2011-2015), saluant "un mec exceptionnel en termes d'état d'esprit et de professionnalisme".

Porté en triomphe par ses coéquipiers à l'issue de la victoire contre Bordeaux-Bègles (19-10), Ouedraogo a reconnu auprès du bihebdomadaire spécialisé Midi Olympique avoir ressenti avant le match "énormément de déception et de frustration".

"Il a fallu mettre ça de côté", a-t-il confié. "J'ai toujours demandé aux joueurs hors groupe de rester avec nous. Maintenant que je suis de l'autre côté de la barrière, je ne peux pas me permettre d'avoir un comportement différent de celui que j'attendais des autres".

- "Une page se tourne" -

Entré en jeu en deuxième mi-temps contre Toulouse (24-18) en demi-finale, le deuxième ligne de Castres Loïc Jacquet (37 ans, 4 sélections) dit mesurer "la chance" qu'il a, lui, de se retirer les armes à la main.

"On aura tous à coeur d'offrir la meilleure sortie possible à nos légendes (Kockott et Ouedraogo)", promet-il, sans s'étaler, par pudeur, sur son propre cas. "C'est une semaine normale. Je ne la vis pas plus intensément qu'une autre. Je ne pense pas à l'après".

L'ancien joueur de Clermont était le capitaine de l'équipe de France des moins de 21 ans sacrée championne du monde en 2006, dont plusieurs joueurs (Maxime Médard, Damien Chouly, Lionel Beauxis) viennent de prendre leur retraite.

"Cette génération arrive en bout de course. C'est une page qui se tourne. C'est la vie, c'est comme ça", relativise-t-il.

Parmi ces Bleuets figurait également le talonneur montpelliérain Guirado (36 ans, 74 sélections), qui devrait lui aussi avoir droit à une dernière danse au Stade de France.

"J'aurais signé des deux mains si on m'avait dit en début de saison que le dernier match de ma carrière serait une finale de Top 14", savoure l'ancien capitaine des Bleus, avec qui le destin n'a pourtant pas toujours été tendre.


 

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