XV de France: la politique des petits pas

XV de France: la politique des petits pas
Le Français Rabah Slimani (c) face à l'Angleterre, le 10 mars 2018 au Stade de FranceThomas SAMSON

Une brique après l'autre: après s'être bâti un état d'esprit et un socle défensif solides afin de retrouver victoire et confiance, le XV de France est conscient de la nécessité d'améliorer à terme son animation offensive.

L'urgence de la situation, avec seulement un mois de préparation avant le Tournoi des six nations et une spirale négative à briser, commandait de parer au plus pressé.

"De part le temps imparti, les bases du jeu devront être simples et assimilées par les joueurs" déclarait ainsi le sélectionneur Jacques Brunel à l'AFP le 27 décembre lors de son intronisation en remplacement de Guy Novès.

"On était dans une période plus compliquée. Le plus important en ce moment est d'être propre et de gagner les matches. Et c'est tout à fait normal. On veut jouer mais sans trop s'exposer. Envoyer les ballons à l'aile si on prend trente points, je m'en fous" a embrayé mardi le centre Geoffrey Doumayrou, avant le déplacement au pays de Galles samedi en clôture du Tournoi.

Gagner, les Bleus l'ont fait une deuxième fois d'affilée samedi, face à l'Angleterre (22-16), un succès construit sur leur férocité en défense, de fer, et sur les points de rencontre, deux secteurs où l'envie peut pallier le manque de vécu commun.

Deux domaines également chers à Brunel, qui souhaite voir le XV de France "jouer de façon équilibrée, avoir une assise défensive forte".

Mais le sélectionneur était néanmoins conscient de la nécessité de pratiquer un rugby plus complet pour pouvoir rivaliser sur le long terme face aux tout meilleurs: "Le rugby international suppose de travailler sur l'intensité, la vitesse et le mouvement, c'est évident."

Cela viendra, a assuré le troisième ligne Kélian Galletier: "On a assimilé le plan de jeu et on est en train de le développer doucement pour le parfaire."

- 'Si ça se trouve, ça mettra un an' -

Ce système laisse la part aux initiatives offensives, si elles sont opportunes.

"Bien sûr qu'il y a la volonté de (jouer). Mais à certains moments, la volonté première est de sortir proprement de chez nous car c'est une zone dangereuse. On a compris dans le passé qu'on s'était parfois trop exposés" a souligné Gaël Fickou.

Cette ambition était bien présente face aux Anglais, a poursuivi le centre: "On a voulu lancer le jeu mais on n'a pas eu les ballons car on a été pas mal contrés en conquête. Mais on avait l'intention de créer de l'instabilité, les contourner."

Avec un seul essai marqué sur leurs quatre occasions, les Bleus ont aussi péché offensivement, par précipitation et par manque d'automatismes.

"Il faut des courses réglées au millimètre pour se créer des espaces" a ainsi relevé Galletier.

"Dans nos courses, nos passes, nos appels, on manque de précision. Et ça, il faut qu'on le règle" a abondé Doumayrou, qui a admis avoir encore "un peu de mal" à se trouver avec son partenaire au centre, Mathieu Bastareaud.

Le temps commun passé à travailler et les victoires, par la confiance libératrice qu'elles engendrent, pourraient faire leur effet.

Dans combien de temps ? "Si ça se trouve, ça mettra un an avant de trouver l'animation offensive parfaite, a avancé Doumayrou. Mais on est quand même largement en progression."

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