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Automobile: qui pour succéder à Jean Todt comme président de la FIA?

 
F1
 

Après douze ans de présidence du Français Jean Todt, la Fédération internationale de l'automobile (FIA) élit vendredi son nouveau président, à choisir entre l'Emirati Mohammed Ben Sulayem, potentiel premier non-Européen à ce poste, et le Britannique, actuel bras droit de Todt.

A la tête depuis 2009 de l'instance qui règlemente notamment les Championnats du monde de Formule 1, des rallyes (WRC) et d'endurance (WEC), Todt achève son troisième et dernier mandat à 75 ans.

Les 198 membres votants (245 au total mais certains sans droit de vote) éliront à la majorité absolue son remplaçant pour les quatre prochaines années vendredi à Paris, où la FIA a son siège.

.Candidats: rupture ou continuité

Mohammed Ben Sulayem, ancien pilote de rallye âgé de 60 ans, se réclame de la rupture. S'il est élu, le natif de Dubaï serait le premier non-Européen président de la FIA depuis sa fondation en 1904. Comme pilote, l'Emirati a été quatorze fois titré en Championnat du Moyen-Orient des rallyes. Il est désormais président de la Fédération des sports automobiles des Emirats arabes unis et vice-président de la FIA chargé des sports pour la région du Moyen-Orient.

Graham Stoker, âgé de 69 ans, est davantage le candidat de la continuité. Depuis 1985, l'avocat spécialisé dans les litiges sportifs a gravi les échelons des instances dirigeantes en sport auto, nationales au Royaume-Uni puis internationales. Il est depuis 2009 président délégué pour le sport de la FIA, et à ce titre véritable bras droit de Todt.

.Programmes

Ben Sulayem veut moderniser la FIA et la rendre plus transparente. S'il est élu, il promet un audit externe sur la gouvernance, une évaluation des finances et la mise en place de rapports budgétaires et financiers transparents. L'Emirati veut aussi nommer un PDG à la tête de l'instance, ce qui serait une première.

Côté sportif, il veut d'ici 2025 doubler la participation mondiale en sport auto. Pour cela, il vise la jeunesse en promettant de produire cross-cars (buggys légers) et karts d'entrée de gamme.

Stoker table sur la stabilité en poursuivant les politiques chères à la présidence Todt, comme par exemple la sécurité (sur les circuits et sur la route). Dans le domaine de la diversité, il propose de créer un groupe d'experts pour prendre des mesures. Il veut aussi élargir l'influence de la Commission des femmes, créée en 2009 et présidée par l'ancienne pilote de rallye Michèle Mouton.

Il vise aussi la jeunesse, avec la promesse d'un fonds mondial pour identifier les jeunes talents partout dans le monde, la création d'académies de pilotes et d'écoles de karting et de cross-car.

.Listes

Chaque candidat a présenté une liste de onze noms avec un président du Sénat, l'organe suprême de la FIA, un président-délégué au sport, un président-délégué à la mobilité et sept vice-présidents régionaux.

Dans la liste de Ben Sulayem figure notamment, au poste de vice-présidente pour l'Amérique du Sud, Fabiana Ecclestone, avocate brésilienne et compagne de Bernie Ecclestone, l'ex-PDG et promoteur de la Formule 1.

Elle serait la première femme vice-présidente, aux côtés d'Anna Nordkvist sur la même liste, ou Janette Tan sur la liste adverse.

Dans celle de Stoker figure aussi, au poste de président-délégué au sport, le pilote danois Tom Kristensen, détenteur du record de victoires aux 24 Heures du Mans (9).

.Soutiens

Sur le site de sa campagne, Stoker a présenté une liste de 25 pays dont il aurait l'appui. Y figurent notamment l'Italie, la France, l'Allemagne, le Japon, l'Argentine ou encore le Qatar.

Ben Sulayem a aussi son lot de soutiens, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, région qui organise de plus en plus d'événements sportifs majeurs. Les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Bahreïn, qui accueilleront tous un Grand Prix de F1 en 2022, appuient sa candidature.

Tout comme la fédération du Royaume-Uni, qui a décidé de le soutenir, plutôt que le Britannique Stoker.


 

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