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La Belgique figure désormais parmi les pays dans le collimateur de Ryanair. La compagnie aérienne irlandaise estime que l’augmentation des taxes aériennes pèse lourdement sur sa compétitivité et menace directement son offre dans les aéroports de Charleroi et de Bruxelles-Zaventem.
Depuis plusieurs mois, Ryanair critique ouvertement la hausse de la taxe aérienne belge. Le groupe affirme désormais vouloir réduire certaines lignes au départ du pays, au même titre qu’en Allemagne, en Autriche ou dans certaines régions d’Espagne, qu’il considère comme des « marchés non compétitifs à forte taxation ».
La croissance se fera ailleurs
À l’inverse, Ryanair prévoit de renforcer sa présence dans des pays jugés plus favorables au secteur aérien, comme l’Italie, le Maroc, la Suède, la Slovaquie ou encore l’Albanie. Selon la compagnie, ces États soutiennent davantage le développement du trafic aérien grâce à une fiscalité plus avantageuse.
Malgré ce contexte tendu en Belgique, Ryanair continue d’afficher des ambitions de croissance. La compagnie prévoit de transporter 216 millions de passagers cette année, soit 4 % de plus que l’an dernier.
Le prix du carburant sous pression
Outre la question des taxes, Ryanair doit également faire face à l’envolée des prix du kérosène provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Comme de nombreuses compagnies aériennes, le groupe anticipe une hausse importante de ses coûts cette année.
La compagnie assure toutefois avoir limité les risques grâce à une stratégie de couverture de ses achats de carburant. Ryanair a sécurisé 80 % de ses besoins à un prix de 67 dollars le baril, ce qui lui permettrait de mieux résister que certains concurrents. Malgré cela, les coûts liés au carburant ont déjà augmenté de « quelques centaines de millions d’euros », selon le directeur financier Neil Sorahan.
Des bénéfices toujours en forte hausse
Le groupe irlandais conserve néanmoins une solide santé financière. Pour l’exercice clôturé le 31 mars, Ryanair a dégagé un bénéfice de 2,26 milliards d’euros hors éléments exceptionnels, soit une hausse de 40 % sur un an. Le chiffre d’affaires a progressé de 11 %, à 15,54 milliards d’euros, porté par l’augmentation du nombre de passagers et des prix des billets.
Au total, plus de 208 millions de voyageurs ont emprunté les vols de Ryanair l’an dernier.
La compagnie reste toutefois prudente pour les mois à venir. Elle estime qu’il est encore trop tôt pour établir des prévisions financières précises, en raison de la volatilité des prix du pétrole et de l’incertitude entourant le conflit au Moyen-Orient.

























