L’image d'une moissonneuse-batteuse peut vous paraître banal... Il s'agit d'une simple récolte de blé. Mais en Ukraine, dans la région de Mykolaïv, pas très loin de territoires envahis par les Russes, les habitants ne se disent pas ça. "Chaque jour, il y a quelque chose qui brûle. Les pompiers ne parviennent pas à éteindre les feux dans les villes, dans les champs. Ce n'est vraiment pas une bonne situation", regrette Volodymyr Muzechuk, agriculteur ukrainien.
Il faut pourtant récolter, continuer quoi qu’il arrive. C’est la première étape. Il faut ensuite pouvoir sortir ce blé du pays. Commence alors le casse-tête logistique en temps de guerre. Actuellement, la mer noire est minée, contrôlée par des navires russes. Rien ne sort, rien n’entre dans ces ports. Tout l’enjeu est donc de créer un couloir sécurisé pour permettre aux Ukrainiens de reprendre les exportations des céréales, dont le blé.
20 millions de tonnes sont actuellement bloquées depuis le début de la guerre. L'enjeu est stratégique : 34% du blé ukrainien part en Afrique, 58% en Asie et 6% arrive en Europe. A l’échelle mondiale, l’Ukraine est un géant, l’un principaux greniers à céréales du monde. Numéro 1 des exportations de tournesol. Pour l’orge, ils sont troisième. Pour le maïs, quatrième. Pour le blé, cinquième. 12% de la production mondiale vient de ces terres fertiles.
Autant dire que la récolte sur fond de champ bombardé, l’espoir d’un couloir sécurité en mer noire... Tout cela aura des répercussions un peu partout sur la planète.
"Il soulagera les pays en voie de développement qui sont au bord de la faillite et les personnes les plus vulnérables au bord de la famine. Et il aidera à stabiliser les prix de nourriture mondiales, qui étaient déjà à un niveau record même avant la guerre, un vrai cauchemar pour les pays en voie de développement", informe Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.
Au 148e jour de guerre, une première lueur d’espoir dans cette enjeu céréalier stratégique.

