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Depuis plusieurs semaines, les Belges révisent leurs habitudes de consommation. Isabelle explique ses efforts pour équilibrer son budget. « J’alterne des produits un peu plus chers avec des produits de base. Par exemple, la passata, j’ai pris du bio avec du basilic que je vais agrémenter moi-même, et simplement des tomates passées de premier choix. » Une stratégie parmi d’autres alors que les prix continuent de grimper.
Pour limiter la facture, les consommateurs se recentrent sur l’essentiel, ajustant quantités et fréquence. Certains renoncent en effet à des quantités plus importantes : « Disons que j’en prends moins, au lieu de prendre 400 grammes, je prendrais 300 grammes de poisson, ou de viande », confie une cliente croisée dans le supermarché.
Les promotions et la comparaison entre magasins deviennent également des outils indispensables pour maîtriser les dépenses.
Des achats plus ciblés
Principal responsable de cette inflation galopante : la guerre au Moyen-Orient, qui impacte les coûts de l’énergie, du transport et de l’emballage. Viandes, produits laitiers, surgelés, boissons ou encore produits d’entretien sont particulièrement touchés. Une enquête révèle d’ailleurs que 7 Européens sur 10 s’attendent à un lourd impact sur leur niveau de vie dans les mois à venir.
Face à cette situation, les comportements d’achat évoluent. « Il y a des produits qui sont essentiels et même si le prix augmente, le consommateur continue de les acheter, les produits laitiers, les viandes, etc. Il va couper ou acheter moins souvent des produits plaisir, confiserie et autres. Il va aussi aller vers des plus petits formats, vers des marques distributeurs et il sera beaucoup plus sensible aux promotions aussi », explique Christophe Charlot, rédacteur en chef du magazine Gondola. Les enseignes ayant leur propre marque ou proposant des formats réduits pourraient donc tirer leur épingle du jeu.
Une inflation au-dessus de 3 % ?
En Belgique, le Bureau fédéral du Plan prévoit une inflation en hausse qui pourrait dépasser 3 % pour l’année en cours. Les consommateurs belges risquent donc de subir encore une augmentation des prix de leurs courses.
La Fédération de l’Industrie Alimentaire (FEVIA) avertit : « Effectivement, il y a un risque que les prix pour le consommateur augmentent parce que nos entreprises ne peuvent pas prendre sur elles toutes ces augmentations de coûts. Maintenant, elles font des efforts, elles prennent en partie en charge l’augmentation mais il y a une partie qui se répercutera sur le consommateur inévitablement », détaille Carole Dembour, économiste à la FEVIA.
Cette conjoncture préoccupante est aggravée par la flambée du prix des engrais, essentiel pour les cultures agricoles. Une évolution qui pourrait menacer directement les prix des denrées alimentaires. Si les consommateurs belges adaptent courageusement leurs comportements pour faire face à la situation, les perspectives semblent indiquer que les efforts d’ajustement ne seront pas suffisants pour enrayer la tendance croissante des prix.

























