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Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, porté par les tensions qui entourent les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Sur le plateau de « 15 minutes pour comprendre », Jonathan Piron, historien spécialiste de l’Iran et du Moyen-Orient, et Adel El Gammal, professeur de géopolitique de l’énergie à l’ULB, sont revenus sur les ressorts de cette flambée et sur ses conséquences pour les Belges.
Une flambée liée à la tension, pas à une pénurie réelle
Adel El Gammal souligne que cette hausse se répercute directement sur le budget des ménages. Il précise : « Elle est très préoccupante puisque le prix du pétrole tire vers le haut toute une série d’autres prix et donc crée une inflation artificielle qui se sent immédiatement dans le portefeuille du consommateur. » Il ajoute qu’il ne s’agit pas d’un manque physique de pétrole dans les pipelines, mais d’un marché globalisé où l’offre s’est resserrée d’environ 20 %, ce qui suffit à faire grimper les cours.
Aucune solution diplomatique en vue
Pour Adel El Gammal, seule une issue diplomatique durable permettrait de faire redescendre les prix de manière significative. Or, estime-t-il, rien n’indique aujourd’hui qu’un tel scénario se dessine : « il n’y a absolument aucun élément qui permet de penser que l’on se rapproche d’une solution diplomatique stable. » Jonathan Piron partage ce constat.
Il rappelle que des intermédiaires, dont le Qatar, tentent de négocier, mais que les pressions des deux côtés empêchent d’aboutir à un accord tenable. Il insiste : « Il faut un acteur puissant. » Selon lui, la Chine reste l’un des seuls acteurs à disposer des moyens de peser à la fois sur l’Iran et sur les Etats-Unis, même si elle s’est rangée du côté iranien lors de récentes rencontres à Pékin. Il résume la situation ainsi : « tant qu’aucun des deux acteurs n’est prêt à faire finalement un peu de sacrifices ou de concessions, on est toujours dans cette situation. »
Le gaz, un risque encore plus préoccupant pour l’hiver
Au delà du pétrole, Adel El Gammal alerte sur la situation du gaz, utilisé notamment pour le chauffage domestique. Il indique que les réserves européennes sont insuffisantes : « les réserves de gaz européennes sont vraiment très basses par rapport à ce qu’elles devraient être. » Le niveau des stocks serait inférieur d’environ 10 % à la moyenne des années précédentes, ce qui obligera à les reconstituer rapidement à un prix élevé. Il conclut sur une note d’incertitude : « il faut vraiment espérer que l’hiver sera doux et que la consommation de gaz sera limitée. »





















