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Le parlement fédéral a donné son feu vert à une réforme qui modifiera les règles d’ouverture des commerces en Belgique. Désormais, les magasins pourront, s’ils le souhaitent, ouvrir sept jours sur sept et rester ouverts jusqu’à 21 heures, contre 20 heures actuellement. Les commerçants resteront toutefois libres d’appliquer ou non ces nouveaux horaires.
Plus de liberté pour les commerçants
Concrètement, la réforme supprime l’obligation d’un jour de fermeture hebdomadaire. Chaque commerçant pourra donc décider librement des jours et des heures d’ouverture de son établissement, dans la limite fixée par la loi.
À Spy (Namur), cette boulangerie fonctionne déjà selon ce principe. Les équipes s’organisent pour assurer une ouverture tous les jours de la semaine. « On est une bonne équipe, donc on arrive à tourner avec le personnel. On a quand même nos jours de congé habituels, donc ça tourne avec les étudiants et les flexi-jobs », explique Sandra Bernard, la gérante.
Une réforme qui divise
Pour certains consommateurs, cette plus grande flexibilité répond à l’évolution des modes de vie. « Les gens courent, ils n’ont plus le temps de rien », estime une cliente.
D’autres se montrent plus réservés. « Les gens ne venaient pas me dire qu’ils ne savent pas s’organiser afin de faire leurs courses, soit le samedi ou en soirée. Les magasins sont déjà ouverts tellement tard le soir », fait remarquer une autre passante.
Certains y voient, eux, davantage une question de liberté. « Tant que les gens sont libres, moi je suis un homme heureux », résume un passant. « Moi, je suis indépendant. Je travaille déjà 24h/24 alors pour moi ça ne pose aucun problème.
Les petits commerces craignent la concurrence
Si la réforme offre davantage de souplesse, elle suscite aussi des inquiétudes chez certains représentants des commerçants. Du côté de l’Union des classes moyennes (UCM), les préoccupations se concentrent surtout sur l’équilibre concurrentiel.
L’organisation redoute que les grandes enseignes, mieux armées pour mobiliser du personnel et communiquer sur des horaires étendus, tirent davantage profit de la réforme. « On a peur que les grosses enseignes qui ont une capacité de communication et aussi de faire tourner un personnel plus important puissent facilement bénéficier de cette ouverture supplémentaire au détriment des petits commerces » explique Olivier Vandenabeele, conseiller « commerce » au service d’études de l’UCM.
L’objectif : mieux rivaliser avec l’e-commerce
Pour la ministre des Classes moyennes, Éléonore Simonet, cette réforme vise notamment à permettre aux commerces physiques de mieux répondre aux nouvelles habitudes de consommation et à faire face à la concurrence croissante de l’e-commerce.
Reste à voir combien de commerçants choisiront effectivement d’étendre leurs horaires d’ouverture. Car si la loi leur en donne désormais la possibilité, rien ne les y oblige.
























