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Dan Jørgensen, le commissaire européen à l’Énergie, redoute des prix du gaz et du pétrole très élevés cet hiver. « Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un hiver qui s’annonce difficile. Nous ne prévoyons pas de problèmes de sécurité d’approvisionnement, mais en revanche nous nous attendons à des prix très élevés », a déclaré Dan Jørgensen. Selon lui, la crise a déjà entraîné un surcoût énergétique de 100 milliards d’euros en Europe depuis le début de l’année.
L’annonce intervient à quelques semaines du retour des températures plus basses. En Belgique, le gaz a augmenté de près de 35 % en un an, et cette hausse pourrait se poursuivre. Cette perspective inquiète certains passants interrogés par notre journaliste Mathieu Langer : « Ça ne m’étonne pas évidemment, au vu de la situation actuelle, mais ça nous inquiète énormément, moi je suis commerçant en plus ». Une autre personne souligne que plusieurs dépenses sont concernées : « Il y a l’essence, il y a le mazout, il y a le gaz, tout va avec ».
Bertrand Candelon, professeur de finance internationale à l’UCLouvain, appelle néanmoins à relativiser l’avertissement du commissaire européen. Selon lui, les indicateurs ne sont pas alarmants pour les prochains mois. Il estime aussi que de telles déclarations peuvent, à elles seules, peser sur les marchés.
Une prophétie autoréalisatrice ?
« Une annonce peut être nettement plus importante qu’une réalisation elle-même et donc ça peut entraîner un stress, c’est ce qu’on appelle une prophétie autoréalisatrice. Si je dis qu’on a des gros problèmes… tout de suite ça augmente l’attention sur les marchés, ça peut automatiquement augmenter les prix. Donc il faut faire très attention aux annonces », a-t-il déclaré.
La question des prix de l’énergie reste particulièrement sensible : d’après la Commission européenne, près d’un habitant sur dix n’arrive pas à se chauffer correctement lors d’un hiver normal en Europe.




















