Partager:
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé jeudi à Wroclaw (Pologne) une aide de 10 milliards d'euros, provenant du fonds de cohésion de l'UE, pour les pays d'Europe centrale touchés par les inondations.
La cheffe de la Commission a rencontré dans cette ville les dirigeants de quatre pays d'Europe centrale frappée par la tempête Boris, où depuis la semaine dernière, des vents violents, précipitations exceptionnellement fortes et inondations ont fait 24 morts en République tchèque (5), en Autriche (5), en Pologne (7) et en Roumanie (7).
"À première vue, il est possible de mobiliser 10 milliards d'euros du Fonds de cohésion pour les pays touchés. Il s'agit d'une réaction d'urgence", a déclaré Mme von der Leyen après une réunion avec des chefs de gouvernement polonais, tchèque, autrichien et slovaque.
"Il était pour moi (...) déchirant de voir la destruction et la dévastation" entraînées par les inondations, a-t-elle ajouté.
La cheffe de la Commission a indiqué que l'Union européenne disposait de deux sources d'aides potentielles - le Fonds de cohésion et le Fonds de solidarité - qu'elle pouvait utiliser pour "contribuer au financement de la réparation et de la reconstruction".
"Nous mobiliserons les fonds de cohésion d'une manière inhabituelle, de façon à ce que, tout d'abord, ils puissent être utilisés de manière très flexible, en fonction des besoins", a souligné Mme von der Leyen.
Selon elle, les bénéficiaires de l'aide européenne pourront l'utiliser "comme préfinancement", de sorte que l'argent coule avant même l'investissement prévu, et sans nécessité d'un apport national.
"Il s'agit d'argent européen à 100%, sans cofinancement", a précisé Mme von der Leyen.
"Des temps extraordinaires nécessitent des mesures extraordinaires", a-t-elle expliqué devant la presse, aux côtés des chefs de gouvernement polonais Donald Tusk, tchèque Petr Fiala, slovaque Robert Fico et autrichien Karl Nehammer.
Le sommet régional s'est tenu à Wroclaw, dans l'ouest de la Pologne, ville de 670.000 habitants assiégée par les eaux.
Le pic de la vague a atteint cette agglomération jeudi, et même si le niveau d'eau y est moins élevé qu'en 1997, lorsque la ville avait connu une inondation catastrophique, il pourrait s'y maintenir plusieurs jours, ce qui nourrit des craintes sur la solidité des digues.
Jeudi, Donald Tusk a prévenu qu'il fallait se garder de toute "euphorie" et de tout "soulagement" injustifiés en pensant que "le pire est passé".
- "Tout détruit" -
La pluie a cessé de tomber dans la grande partie de la région centre-européenne, mais les rivières en crue menaçaient toujours des villes et localités en aval des cours d'eau.
A certains endroits, l'eau a "littéralement tout détruit", laissant le paysage dévasté "comme après une guerre", a déclaré jeudi le ministre polonais des Infrastructures Dariusz Klimczak.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a annulé cette semaine tous ses engagements internationaux en raison du passage de la tempête Boris, sera absent de la rencontre de Wroclaw, tout comme le chef du gouvernement roumain, ce dernier en raison d'une réunion du Conseil supérieur de la Défense nationale.
- Eau potable -
En Pologne, plusieurs villes et villages ont été complètement détruits par la crue qui a laissé derrière elle un paysage de désolation, avec des maisons démolies, des ponts coupés, l'infrastructure routière et ferroviaire endommagée. Dans certaines localités, les habitants manquent toujours d'eau potable et d'électricité.
A travers le pays, des collectes d'argent et de produits de première nécessité sont organisées, alors que les autorités locales commencent à évaluer les dégâts qui pourraient se chiffrer en milliards de zlotys.
Le gouvernement polonais a annoncé avoir débloqué deux milliards de zlotys (470 millions d'euros) d'aides directes aux personnes et localités touchées par les inondations.
A Vienne, le gouvernement a annoncé mercredi que le fonds d'aide aux sinistrés du pays serait porté à un milliard d'euros.



