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Décès de la reine Fabiola: voici ce qu'en dit la presse francophone

La reine Fabiola est décédée vendredi vers 19h à l'âge de 86 ans. Ce samedi matin, les journaux francophones lui rendent hommage.

Les éditorialistes francophones saluent, samedi matin dans la presse, le départ d'une "grande dame", dont ils soulignent à l'unanimité le sourire infini et l'amour fusionnel qui la liait à son époux, le roi Baudouin. "Fabiola, Reine de coeur", titrent La Libre Belgique et La Dernière Heure. Les deux quotidiens reviennent sur l'arrivée, en 1960, de l'aristocrate espagnole dans un pays triste. "Un pays en proie à de grandes grèves. Un pays en émoi, qui éprouvait du mal à gérer l'indépendance de son ancienne colonie. Un pays où débutaient les premiers affrontements entre les communautés linguistiques. Un pays encore marqué par la guerre scolaire", écrit Francis Van de Woestyne dans La Libre Belgique. Et pourtant, "très vite, dans cette Belgique grise, la reine Fabiola apporta le soleil de son pays, le sourire de sa famille, la force de son éducation. En quelques mois à peine, elle aida son époux à aimer son métier de Roi", commente l'éditorialiste.    

"Réussir l'incroyable pari de rassembler à nouveau tous les Belges autour de leur figure"

Même constat dans les journaux de Sudpresse, selon qui la Belgique perd "une grande Reine". "Fabiola a non seulement permis à Baudouin de surmonter ces crises majeures, mais surtout de réussir l'incroyable pari de rassembler à nouveau tous les Belges autour de leur figure", estime Demetrio Scagliola.     

"Le mot Fabiola sera accolé d'emblée à ce sourire qui était le sien et qu'elle offrait sans compter"

Dans La Dernière Heure, Eddy Przybylski s'interroge: "Que va-t-on retenir de cette femme qui a été l'épouse d'un souverain régnant pendant 33 ans et qui est restée Reine des Belges pendant 55 ans? ". Selon l'éditorialiste, "il est probable que lorsqu'on évoquera son souvenir, le mot Fabiola sera accolé d'emblée à ce sourire qui était le sien et qu'elle offrait sans compter, autant qu'elle le pouvait".      

"Un sourire infini et une coiffure inimitable"

Catherine Ernens, dans L'Avenir, ne dit pas autre chose. Pour elle, la reine Fabiola était "un sourire infini et une coiffure inimitable". Elle souligne également qu'il y aura eu jusqu'au bout, dans les pas de Fabiola, l'ombre de Baudouin. "La tendre et malicieuse image d'un amour indestructible".      

Son image s'est abîmée ces dernières années, "après les révélations sur l'argent de sa fondation"

Béatrice Delvaux, dans Le Soir, décrit la reine Fabiola comme une de ces madeleines de Proust que les Belges ont rangée dans leur armoire aux souvenirs. "Une affection, un rien moqueuse, a longtemps uni les Belges à cette reine, aux robes aux couleurs improbables et au brushing éternel", écrit-elle. Mais, selon l'éditorialiste, cette image s'est abîmée ces dernières années, "après les révélations sur l'argent de sa fondation. L'idée que cette reine des Belges ait réparti un patrimoine constitué en partie de l'argent national, au profit de neveux, avec des références explicites à la pratique religieuse, a choqué et provoqué une rupture très nette dans le traitement réservé par l'Etat belge à sa monarchie".

"La Belgique perd une grande Reine. Une Reine d'amour. Une Reine blanche"

Francis Van de Woestyne, dans La Libre Belgique, estime pour sa part que ne retenir de cette parenthèse que la polémique créée autour de la fondation de la reine Fabiola "serait oublier l'action sociale qu'elle continua de mener dans la plus grande discrétion au profit des plus faibles, des femmes rurales et des exclus. La Belgique perd une grande Reine. Une Reine d'amour. Une Reine blanche. Une Reinde coeur", conclut-il. 

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