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Perpignan: de Louis XIV à Franco, expo de portraits au pouvoir

De Louis XIV en costume de sacre patchwork à la reine d'Angleterre dans un frigo: une exposition d'art contemporain à Perpignan brosse jusqu'au 16 octobre, un portrait parfois irrévérencieux du pouvoir à travers le monde et le temps.

"Yes I Can": ainsi s'intitule l'exposition d'un "portrait du pouvoir" au centre d'art contemporain Walter Benjamin à Perpignan, en référence au célèbre slogan électoral de Barack Obama avant son premier mandat à la Maison-Blanche.

Tout semble en effet permis pour les artistes qui tantôt enferment la reine Elizabeth II dans un frigo vitré, tantôt habillent le Roi Soleil de barres chocolatées, biscuits et rouleaux de papier toilette.

Point de départ de l'exposition du musée Hyacinthe Rigaud: le portrait du Roi Soleil du peintre perpignanais Rigaud datant du 18e siècle, qui est revisité ici sous un œil contemporain par l'artiste français Bernard Pras dans un patchwork de produits périssables, comme pour relativiser la majesté du pouvoir.

A travers les œuvres de plus de trente artistes, l'exposition veut interpeller sur la représentation du pouvoir. Le visiteur peut ainsi découvrir des portraits en pied de Georges Pompidou ou de François Mitterrand, des représentations de Bill Clinton ou de Franco.

Dans la rue, les piétons passent devant une armoire réfrigérée, renfermant une sculpture de sa majesté britannique présentée par l'artiste espagnol Eugenio Merino comme une dépouille funéraire, les bras croisés sur le cœur.

A l'intérieur, le même Eugenio Merino persiste en montrant son compatriote, le dictateur Franco, dans une urne électorale en verre, la tête étonnante de réalisme plongée au milieu des bulletins de vote.

Plus loin, un monumental Mickey Mouse de bronze donne la main à Lénine d'un côté et à Jésus de l'autre, sous le titre "Hero, Leader and God" (héros, dirigeant et Dieu), son auteur Alexander Kosolapov, artiste russe vivant aux Etats-Unis, suggérant que le personnage de Walt Disney est en fait bel et bien celui qui dirige.

Jusqu'au 16 octobre, au Centre d’art contemporain Walter Benjamin à Perpignan.

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