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Un expert belge renommé explique pourquoi les USA ne devraient pas quitter l'accord de Paris: "Ce n'est pas très malin"

Il ne faut pas dramatiser un éventuel retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, analyse Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l'UCL et ancien vice-président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). "147 pays ont ratifié cet accord, dont les Etats-Unis. S'ils se retirent, cela ne fait qu'un pays en moins sur 147. Les Etats-Unis représentent 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est beaucoup mais 85% ne sont donc pas concernées", observe-t-il mercredi, alors que le président Donald Trump laisse planer le doute sur son intention de quitter la convention ratifiée par les Etats-Unis sous la présidence de Barack Obama.


L'accord a une force... qui est aussi une faiblesse

Texte historique, l'accord de Paris vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il ne fixe pas d'objectif contraignant par pays, mais "additionne des plans volontaires", résume Jean-Pascal van Ypersele. "C'est sa force, car c'est ce qui a permis sa conclusion, mais aussi sa faiblesse. Un Etat peut réviser ses engagements et il n'y a pas de sanction pour ceux qui ne les respectent pas". Dès lors, "ce n'est pas très malin d'en sortir", estime celui qui est aussi expert pour l'ONU. "Si les Etats-Unis ne font plus partie de l'accord de Paris, ils ne seront plus dans les discussions où les règles sont définies. Ils se couperaient de la possibilité d'influencer les débats". "Quand Donald Trump dit que c'est un mauvais accord, c'est une réaction épidermique. La portée d'une sortie serait surtout symbolique. S'il veut revenir au 20e siècle, c'est son droit. Mais le reste du monde avance vers une décarbonation de l'économie. Et les opportunités économiques sont du côté de la décarbonation, un mouvement inéluctable", affirme le spécialiste de l'UCL.

Certains dans l'administration Trump ont bien compris que les avantages de l'accord de Paris dépassaient ses inconvénients. De nombreuses entreprises américaines, dont le pétrolier ExxonMobil, demandent d'ailleurs un maintien au sein de l'accord de Paris. "La Chine, l'Inde, l'Europe ont annoncé qu'ils allaient de l'avant". D'autres pays significatifs pourraient-ils se retirer de l'accord? Seuls la Syrie et le Nicaragua ne l'ont pas signé, tandis qu'un pays comme la Russie ne l'a toujours pas ratifié. Mais en s'opposant à l'évolution du monde, les Etats-Unis risquent surtout de livrer "un combat qu'ils vont perdre et qui va leur coûter cher", conclut Jean-Pascal van Ypersele.

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