Des incidents ont éclaté dimanche vers 20 heures au quartier de Droixhe à Liège. Ils ont été provoqués par des bandes organisées, soit entre 50 et 100 personnes, selon une estimation de la police qui a dû dépêcher une septantaine d'hommes sur place pour ramener le calme dans le quartier.
Des incidents ont éclaté dimanche vers 20 heures au quartier de Droixhe à Liège. Un différend conjugal serait à l'origine de l'ensemble des incidents, rue du Moulin à Bressoux. Un individu de 25 ans harcelait son ancienne compagne, un fait récurrent ces derniers temps dans ce couple.
Une équipe de police envoyée sur place a été attaquée par septante individus et membres de bandes organisées. Un accident entre un cycliste et une voiture dont la course s'est terminée dans une façade, a également servi de prétexte pour attaquer les policiers. Ceux-ci ont dû demander des renforts sur le terrain et l'assistance d'une autopompe de la police fédérale. Finalement, une septantaine de policiers avec boucliers et casques sont intervenus et ont pu repousser les assaillants.
Les policiers canardés
Durant toute l'intervention, les policiers ont été canardés à coups de cannettes de bière, de bouteilles et de pierres. Un inspecteur de police a été blessé. Il subira une incapacité de travail. Les assaillants se sont également attaqués au commissariat de police de Droixhe dont la plupart des vitres ont été brisées. Le calme est revenu dans la nuit et vers 3h30 lundi, le piquet de police a été levé. Une surveillance du quartier a toutefois été maintenue.
Les jeunes voulaient protester contre la lenteur des aménagements dans leur quartier
Le président du Comité de Quartier de Bressoux-Droixhe, Patrice Lempereur, a transmis ce lundi aux autorités communales un rapport sur les desiderata et les revendications des jeunes du quartier. Concernant les violences elles-mêmes, M. Lempereur rappelle qu'elles étaient devenues très rares dans ce quartier naguère très sensible. "Grâce aux efforts de tous, Droixhe n'était plus une terre de non-droit", a-t-il commenté. "Je suis allé à la rencontre des jeunes dès dimanche soir alors que la tension était un peu retombée, et de nombreux jeunes m'ont fait part de leurs doléances. Elles concernent principalement l'emploi et la discrimination à l'embauche mais aussi des frustrations sur la lenteur des dossiers d'infrastructures promis au quartier, notamment la future Maison de Jeunes et l'agoraspace couvert", explique-t-il.
Une petite minorité de jeunes à sanctionner
Patrice Lempereur souligne aussi qu'il faut éviter les amalgames trop rapides : "Sur les 2.500 jeunes qui habitent dans le quartier, il n'y a qu'une toute petite minorité, rétive à tout accompagnement social, qui pose problème ! Ceux-là doivent être identifiés et sanctionnés pour les événements malheureux de dimanche soir. Mais ils ne sont pas représentatifs du quartier".
