Accueil Actu

Couverture choc du Time : la photographe s’explique

Le Time Magazine a été accusé d’utiliser une image choc afin de défendre le maintien des troupes américaines en Afghanistan. Aisha, une jeune afghane au visage mutilé, apparaît en couverture avec pour titre : "Ce qui se passe si nous quittons l’Afghanistan". La photographe, Jodi Bieber, livre son sentiment à ce sujet.

Le Time, l’un des principaux magazines d’information américains, est mondialement connu pour ses couvertures. Jeudi dernier, l’hebdomadaire a encore fait parler de lui avec la photo qui illustre sa Une. En effet, on y voit Aisha une jeune femme afghane de 18 ans au nez et aux oreilles sectionnés. Les mutilations que montre la jeune femme ont été faites par son propre mari : il avait voulu la punir d’avoir fait honte à la famille lorsqu’elle avait, un jour, tenté de s’échapper de chez elle. Laissée pour morte par son entourage, elle a été recueillie par l'American Provincial Reconstruction Team d'Oruzgan et l'ONG Women for Afghan Women (WAW).

> VIDEO : LA PHOTOGRAPHE EXPLIQUE LE PORTRAIT

 > VOIR LE CLICHE CONTROVERSE


Une image pour défendre le maintien des troupes américaines

Le titre de l’édition du Time était intitulé : "Ce qui se passe si nous quittons l'Afghanistan". Suite à cette couverture controversée, certains commentateurs ont estimé que le journal avait utilisé une image choc pour défendre le maintien des troupes américaines en Afghanistan. Dans un éditorial, le rédacteur en chef de Time Magazine, Richard Stengel, avait justifié la publication de la photo en assurant qu'"Aisha avait posé car elle voulait que le monde voit les conséquences, pour les femmes, du rôle accru des talibans en Afghanistan".


"Ce n’est pas une victime, c’est une femme magnifique"

La photographe qui s’est chargée du cliché, Jodi Bieber, a expliqué où elle voyait l’intérêt d’une telle photographie : "J’ai voulu capturer quelque chose d’elle et c’était la partie la plus difficile du travail. Lorsque son foulard a légèrement glissé vers l’arrière, ses cheveux ont été dévoilés. Et ils étaient magnifiques. Je lui ai dit ‘tu sais, tu es une si belle femme… Je ne pourrais jamais comprendre ce que cela fait d’avoir son nez et ses oreilles coupées. Mais ce que je peux faire, c’est te montrer aussi belle que tu es sur cette photo’. Après coup, on pourrait la voir en victime, mais ce n’est pas ce qu’elle est : c’est avant tout une femme magnifique", a-t-elle expliqué dans une interview disponible sur le site du Time.


Une opération gratuite en Californie

La jeune femme devrait arriver en Californie pour bénéficier d’une opération gratuite de reconstruction faciale. "L'opération se fera grâce à un don cumulé du professeur de chirurgie réparatrice Peter Grossman, et de l'équipe du Grossman Burn Center", situé dans un hôpital du nord de Los Angeles, a précisé Rebecca J. Grossman, présidente de la Fondation Grossman Burn Foundation, qui défend les femmes et les enfants maltraités.

À la une