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Affaire Chovanec: la reconstitution de son décès a débuté ce lundi sur le tarmac de l'aéroport de Charleroi

Affaire Chovanec: la reconstitution de son décès a débuté ce lundi sur le tarmac de l'aéroport de Charleroi
 
 

La première journée de la reconstitution des faits à l'aéroport de Charleroi dans le cadre de l'affaire Chovanec a eu lieu lundi matin à l'aéroport de Charleroi. La reconstitution, qui aurait dû avoir lieu en février, s'est déroulée dans un climat serein, a indiqué Me Alexandre Wilmotte, avocat de deux policiers concernés dans le dossier.

Interrogés à leur arrivée, les avocats de la famille de monsieur Chovanec ont confié vouloir découvrir "la vérité". "Que la vérité. On veut quand même savoir quelle est la cause du décès de notre client. C'est très important. J'espère que tout le monde va dire ce qu'il a fait", a déclaré Ann Van Den Steen, avocate de la famille Chovanec.

Reconstitution sur le tarmac ce lundi

La reconstitution des faits, initialement prévue en février dernier, avait été reportée à la suite des mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus. La scène de l'intervention policière sur le tarmac a été reconstituée lundi. Jozef Chovanec avait été maîtrisé par les forces de l'ordre à la porte de l'avion à la suite de l'absence de titre de transport pour monter dans l'appareil afin de rentrer dans son pays natal. "Manifestement, cette reconstitution était bien organisée et préparée. C'est important en tant qu'avocat de participer à cette reconstitution pour s'imprégner de l'ambiance des lieux au moment des faits. C'est utile pour l'avocat de bien comprendre la position des uns et des autres et de la tension présente ce jour-là", a encore dit Me Wilmotte.

Dans la cellule ce mardi

La seconde journée de reconstitution, qui aura lieu mardi, sera consacrée aux événements qui se sont produits à l'intérieur de la cellule. Emmené dans un des cachots de l'aéroport, Jozef Chovanec se frappe d'abord la tête une quarantaine de fois contre un mur. En sang et très agité, il est ensuite maîtrisé fermement par les forces de l'ordre. La scène, filmée mais sans son, montre qu'un des agents immobilise l'individu à l'aide de son genou pendant plus de 15 minutes.

Alors que Jozef Chovanec est tenu, pieds et mains liés par des colsons, une policière fait un salut nazi, d'autres rigolent et sourient. Après plusieurs heures d'intervention, un médecin, appelé sur place injecte au Slovaque un produit calmant. Cette seconde journée pourrait être la plus importante de la reconstitution. "Disons qu'en ce qui me concerne les choses sont suffisamment claires. Mais il est important de contextualiser cette scène et de bien ressentir ce que les personnes intervenues pour aider Mr Chovanec ont ressenti", a souligné Me Wilmotte.

Ces policiers sont intervenus pour aider quelqu'un, et certainement pas pour aggraver sa situation

Dans un rapport remis par un collège d'experts, les mutilations que s'étaient infligées Jozef Chovanec expliqueraient le décès. Lors de la reconstitution, les policiers présents dans la cellule devront justifier chacun de leurs gestes, aussi troublants soient-ils. Un moment que certains d'entre eux redoutent. "C'est très difficile, parce qu'en réalité ces policiers sont intervenus pour aider quelqu'un, et certainement pas pour aggraver sa situation, bien au contraire. Ils sont intervenus le plus rapidement possible et ont fait face comme ils le pouvaient à une situation pour laquelle ils ne sont pas formée. Il faut savoir qu'il y avait quand même du sang partout dans cette cellule", a déclaré ce lundi Alexandre Wilmotte, avocat de deux policiers.

Rappel des faits

Jozef Chovanec est décédé le 27 février 2018 à l'hôpital Marie Curie de Charleroi. Il y avait été transféré à la suite d'un malaise cardiaque survenu le 24 février vers 5h00. Ce citoyen slovaque, pris de délire, a été maîtrisé dans une cellule de l'aéroport de Charleroi, où il avait essayé d'embarquer dans un avion le ramenant dans son pays. Il a subi un plaquage ventral pendant de longues minutes, la tête enveloppée dans une couverture avant de recevoir l'injection d'un calmant. Les images de vidéosurveillance de la cellule montrent les agents sourire et une policière faire un salut nazi.


 




 

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