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Débat houleux entre Georges-Louis Bouchez et Jean-Marc Nollet sur le nucléaire: "Il ne faut pas se mentir, ces négociations se passent mal"

 
 

Georges-Louis Bouchez et Jean-Marc Nollet ont débattu dans C'est pas tous les jours dimanche. Les deux hommes à la tête de deux partis membres de la majorité au fédéral (MR et Écolo) doivent travailler ensemble alors que de plus en plus de dossiers les divisent. Parmi eux : celui du nucléaire et la discussion avec Engie sur la prolongation de deux de nos sept réacteurs. Ce débat a révélé que les discussions se passent difficilement. 

Le 18 mars, le gouvernement a décidé après de longues discussions de prolonger l'activité des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 au-delà de la date établie pour la fin du nucléaire en Belgique. Des négociations ont commencé avec Engie-Electrabel, exploitant du parc nucléaire national, pour mettre en œuvre cette décision. Celles-ci s'annonçaient compliquées, l'opérateur ayant déjà fait savoir plusieurs fois qu'à ses yeux, le délai pour réaliser une telle prolongation était dépassé.

"Il ne faut pas se mentir, ces négociations se passent mal", a souligné M. Nollet. "Aujourd'hui, le Premier ministre qui est à la table de discussion avec la ministre de l'Energie, Tinne Van der Straeten, se rend compte des difficultés auxquelles elle a été confrontée pendant deux ans avec Engie. Engie répète ce qu'il a toujours dit à la ministre de l'Energie, à savoir qu'il ne veut pas des conditions fixées par le gouvernement."

Les négociations doivent aboutir en juin. Elles buteraient essentiellement sur le démantèlement des centrales nucléaires et la gestion des déchets issus de cette source d'énergie, ainsi que sur les modalités de poursuite de l'activité nucléaire, Engie souhaitant que l'Etat belge devienne également opérateur des centrales nucléaires, et assume ainsi les responsabilités liées à cette activité.

"Nous n'allons pas faire un accord à n'importe quel prix", a averti le co-président écologiste. La facture du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets est évaluée à 41 milliards d'euros. "Quarante-et-un milliards, c'est non, les Belges n'ont pas à payer ça", a-t-il ajouté.

Dans la majorité, le MR est un partisan résolu de la poursuite de l'activité nucléaire. Les tensions entre libéraux francophones et écologistes sur ce dossier sont vives. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a mis en cause la ministre de l'Energie. "Au départ, il y avait une obligation de résultat incombant à Mme Van der Straeten qui est aujourd'hui en abandon de poste. Et c'est le Premier ministre qui tente de sauver la situation", a-t-il accusé.

La Vivaldi en danger ?

Deuxième point de litige : celui de l'abattage sans étourdissement, dont la question a été tranchée en Wallonie, mais pas encore à Bruxelles. "Hormis les questions religieuses, je ne vois qu'une seule chose : soit on est pour la protection animale et on trouve que c'est une bonne mesure, soit on ne l'est pas. Mais si on commence à se faire influencer par des considérations religieuses je pense qu'on a un problème" argumente Georges-Louis Bouchez. Pour Ecolo, il s'agit plutôt de droits fondamentaux : "Un, la liberté de cultes, et deux, la liberté et le bien-être animal. Ce qu'il faut trouver, c'est un compromis entre les deux" souligne Jean-Marc Nollet.

Les divergences sont vives sur d'autres dossiers, comme le socio-économique. Il n'y a pas de terrain d'entente entre les deux présidents de partis sur la question des salaires, ou celle d'une taxe sur les millionnaires. C'est à se demander si la coalition Vivaldi va tenir jusqu'à son terme, ou s'il ne vaut pas mieux renégocier l'accord du gouvernement sur de bonnes bases.


 

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