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La Wallonie creuse-t-elle la dette des générations futures? Jean-Marc Nollet répond

 
 

Ce dimanche, Jean-Marc Nollet était l'invité de Pascal Vrebos. Le co-président a notamment été interrogé sur le déficit budgétaire prévu en Wallonie jusqu'en 2024. Tout en sachant qu'à Bruxelles, près de 300 millions doivent être trouvés en 2019 et 2020… Et sans oublier non plus que les transferts venus de Flandre vont se réduire dès 2024.

Jean-Marc Nollet a présenté le pari de la coalition PS-MR-Ecolo en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles pour l'avenir: investir aujourd'hui pour faire des économies dans les années à venir. Un exemple? Investir aujourd'hui dans l'écologie pour réduire la pollution et ainsi dépenser moins en soins de santé d'ici 2024.

Pascal Vrebos: La Wallonie prévoit un plan de 4 milliards et pas de nouvelles taxes. Donc on s'endette. Idem à la Fédération Wallonie-Bruxelles et au gouvernement bruxellois. Bref, est-ce qu'on creuse joyeusement la dette pour un meilleur futur?

Jean-Marc Nollet: Joyeusement non. Mais c'est évident qu'il y a un choix qui a été porté. Et vous avez entendu le ministre du Budget, Jean-Luc Crucke, s'expliquer. Il y a un choix dans l'investissement. Ce n'est pas une dépense ordinaire. C'est un choix qui est fait pour changer de type de mobilité. Pouvoir aider les citoyens à trouver près de chez eux un arrêt de bus et des bus qui fonctionnent dans un horaire plus étendu.

Pascal Vrebos: Quitte à creuser la dette?

Jean-Marc Nollet: Vous savez, aujourd'hui, la dette qu'on transmet aux générations futures c'est aussi le manque d'infrastructures. En Belgique, si on investit si peu dans les écoles par exemple, c'est aussi une dette que les jeunes générations devront porter après.

Pascal Vrebos: Pour le climat, vous dites qu'il y a urgence pour les générations futures. Mais la dette, c'est quand même eux qui la paieront un jour.

Jean-Marc Nollet: Mais ils paient toutes les dettes. A la fois les dettes budgétaires et financières… vous semblez tellement accroché à cela.

Pascal Vrebos: Mais c'est parce qu'on a parlé de ça dans les années qui précèdent. C'était l'autre doxa: pas de dette, l'équilibre.

Jean-Marc Nollet: Oui mais ça c'était avant. Le nouveau gouvernement a amené par rapport à ça. Ce n'est pas une question d'Ecolo qui gagne contre les autres. C'est une question de savoir quelles sont les priorités pour la société. Est-ce que c'était l'équilibre du budget à tout prix et tout de suite en 2020? Non. Le choix est de retourner à l'équilibre en 2024, et entretemps d'investir dans des choix prioritaires. On ne prend pas la dette pour la dette. Il y a une sélection et une hiérarchie qui ont été faites pour répondre aux défis.

Pascal Vrebos: 2024 en Wallonie, vous le savez les transferts du Nord vers le Sud vont diminuer de 62 millions chaque année et vont disparaître. Vous faites quoi en 2024, vous Ecolo?

Jean-Marc Nollet: C'est faire le point par rapport à ce qui aura été réalisé. Parce qu'aujourd'hui, si on doit tant investir et donc s'endetter, c'est parce qu'il y a eu un retard pendant des dizaines d'années. Mais si en 2024 on constate que l'environnement va mieux, qu'il y a moins de pollution, qu'il y a moins de dégâts environnementaux, que sur l'emploi on a pu aussi s'accrocher à un meilleur taux d'emploi… On pourra alors alléger les dépenses à hauteur de 60 millions. C'est quelque chose qui est faisable.

Pascal Vrebos: À Bruxelles aussi il faut trouver environ 72 millions en 2019, 220 millions en 2020… On les trouve où?

Jean-Marc Nollet: À Bruxelles, comme en Wallonie, comme en Flandre et comme au fédéral, il faut faire un choix. Pour nous, quand on dit qu'on les trouve où, c'est aussi dans le report du calendrier.

Pascal Vrebos: Donc vous retardez tout?

Jean-Marc Nollet: Je m'explique. Parce que le choix inverse est fait de l'austérité et regardez les conséquences. En Flandre, sur le secteur de la Culture, regardez ce qui est fait (ndlr: les budgets ont été réduit de 60%). C'est toute la différence avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et si aujourd'hui je plaide pour un report de l'équilibre en 2024, c'est parce qu'on sait que derrière ça, il y a aussi une volonté de soutenir les acteurs. J'ai parlé de la culture, mais je peux aussi parler de l'éducation permanente, des acteurs de la santé… Tous ces gens qui ont besoin de sentir à côté d'eux un gouvernement responsable, mais aussi désireux de ne pas leur faire mal. Ils peuvent savoir que dans le gouvernement bruxellois, il y a des gens qui seront attentifs à eux.

Pascal Vrebos: Mais les millions, on va les trouver où? Je repose ma question, parce qu'on doit les trouver quelque part.

Jean-Marc Nollet: Mais je viens de vous le dire. Si les mesures sont prises aujourd'hui…

Pascal Vrebos: Oui mais moi je parle de 2019, les 72 millions?

Jean-Marc Nollet: Moi je parle de 2019, 2020, 2021, etc. Si les mesures sont prises aujourd'hui d'investissement, on aura une baisse… Prenons l'exemple des soins de santé, on aura une baisse des coûts en soin de santé grâce aux investissements et grâce à la moindre pollution.




 

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