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Coronavirus en Belgique: des médecins tirés au sort au Grand Hôpital de Charleroi

  • Coronavirus: de plus en plus d''hôpitaux réquisitionnent des médecins

  • "Chez nous, les médecins sont tirés au sort"

 
 
CORONAVIRUS
 

De plus en plus d'hôpitaux réquisitionnent des médecins pour faire face à la crise sanitaire. Au CHC à Liège, 6% des spécialistes de chaque service doivent travailler dans les unités coronavirus. À Charleroi, la sélection se fait par tirage au sort.

Dans le Grand Hôpital de Charleroi, les hospitalisations de patients atteints du coronavirus ne cessent d'augmenter. Pour l'instant, quatre unités Covid ont été ouvertes, mais d'ici la fin de la semaine, il y en aura six. Il faut donc faire appel au personnel d'autres services. Un tirage au sort a donc été effectué. "La semaine passée, nous avons procédé à un tirage au sort de médecins dans les autres services pour pouvoir prêter main forte dans les unités Covid. Ce sont des médecins qui sont sortis du cadre de leur spécialité pour participer à l'effort (...) Chaque unité Covid est gérée par un "médecin-expert" qui a connu la première vague et un autre médecin.", a dit le docteur Manfredi Ventura, directeur médical du Grand Hôpital de Charleroi, ce matin sur Bel RTL dans l'interview de Fabrice Grosfilley.

Celui-ci prévient par ailleurs que de nombreux médecins spécialistes en ont marre et veulent reprendre normalement leur boulot : "On constate un nouveau phénomène dans cette vague-ci, c'est que les médecins commencent à en avoir assez. Ils ont été privés pour la plupart de leur outil de travail pendant plusieurs mois, comme les chirurgiens, mais maintenant ils nous disent 'Laissez-nous opérer'. On parle des tenanciers d'horeca qui ont difficile à travailler, c'est le cas aussi des autres médecins", a expliqué le docteur Manfredi Ventura.

"Tous les médecins doivent pouvoir prendre en charge les patients Covid, assure encore le médecin. Parce que dans les mois et les années à venir, on doit apprendre à vivre avec le Covid. Dans n'importe quel métier de soins, il pourrait y avoir des patients Covid, dont ce ne sera pas le principal motif d'admission mais on peut imaginer quelqu'un qui vient pour une fracture de jambe et qui présente une symptomatologie Covid modérée."

"Psychologiquement, on doit s'y préparer"

Le docteur Alain Sibille, gastroentérologue, a décidé de se porter volontaire. Toute cette semaine, il sera présent le matin en unité Covid et gérera ses consultations l'après-midi. Une période compliquée à revivre. Il avait déjà apporté son aide lors de la première vague. "Quand on voit les scanners avec des poumons très abimés, on se dit: c'est reparti. Ce qui est dur aussi, d'après les pronostics que j'ai entendus, c'est que cette vague va durer assez longtemps vraisemblablement, peut-être plus longtemps que la première vague. Psychologiquement, on doit donc s'y préparer. Cette perspective est dur."

Le constat est le même du côté du centre hospitalier universitaire de Charleroi. Une troisième unité Covid va ouvrir cette semaine. Il faut donc réquisitionner du personnel. "On a dû réorganiser tout l'hôpital, explique Frédéric Dubois, directeur communication de l'Intercommunale Santé publique du pays de Charleroi. Dans un premier temps, on a interrompu tout ce qui était activités chirurgicales non urgentes pour pouvoir réquisitionner du personnel infirmier et médical. Là, vu l'augmentation de la courbe, on est également obligé, à partir de demain, d'interrompre jusque fin octobre les consultations non urgentes."

Les chiffres inquiètent, on se prépare là à passer en phase 2A, c'est-à-dire que 40 des 54 lits disponibles aux soins intensifs seront consacrés aux patients Covid.

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