Les résidus radioactifs stockés à Fleurus à l'Institut des radioéléments seront bientôt traités à Mol en Flandre

Les résidus radioactifs de l'Institut national des radioéléments (IRE, situé à Fleurus), très riches en uranium 235, vont être traités au Centre d'étude de l'énergie nucléaire, le SCK-CEN, à Mol (province d'Anvers). Une solution structurelle innovante va être apportée au problème d'évacuation de ces déchets radioactifs grâce à un partenariat qui vient d'être signé.

Le site de Fleurus utilise de l'uranium pour produire des radio-isotopes médicaux. Ils servent notamment à réaliser des scintigraphies, une méthode d'imagerie médicale. Mais pour les fabriquer, l'Institut national des radioéléments exploite à peine 1% de l'uranium fourni. Le reste était considéré comme déchet et était stocké. Mais le site de Fleurus atteindra bientôt sa capacité maximale de stockage. La revalorisation des déchets résout ce problème.

"Procéder à l'évacuation des matières irradiées qui se sont accumulées historiquement depuis que l'IRE, depuis 1971, en petites quantités  au départ mais de manière de plus en plus rapide maintenant", indique Erich Kollegger, directeur général de l'Institut national des Radioéléments (IRE).

L'autre avantage, c'est la revalorisation. Une fois les déchets traités par le centre d'étude de l'énergie nucléaire de Mol, l'uranium peut à nouveau être utilisé. "Que ce soit pour refaire des radio-isotopes à l'IRE ou pour alimenter un réacteur expérimental comme celui de Mol par exemple. Ça valorise d'abord une matière qui est relativement rare, l'uranium. Ça nous permet aussi d'avoir, peut-être pas une autosuffisance complète, mais de garder en Belgique des matières qui sont notre matière première et de la réutiliser, et de ne pas toujours dépendre de pays étrangers pour l'approvisionnement en uranium", explique Erich Kollegger.

Mais l'ensemble des déchets ne pourra pas être transformé. "Ce qui en restera, ce seront vraiment des déchets à ce moment-là. Des déchets radioactifs qui devront d'abord être stockés, puis finalement enfui, probablement dans une couche géologique très profonde, par l'organisme national des déchets radioactifs et matière fissiles (NDLR: solution qui n'en est encore qu'au stade de l'étude, et dont le coût actuel du projet global est estimé à 8 milliards d'euros)", confie Frank Deconinck, coordinateur du réseau d'expertise en médecine nucléaire.

Le partenariat est signé jusqu'en 2045. Les aménagements doivent encore être réalisés sur le site de Mol. Une vingtaine de millions d'euros seront nécessaires pour construire ces installations. Par ailleurs, le partenariat devrait assurer entre 30 et 40 emplois durant toute la période, essentiellement à Mol. Les premiers déchets à recycler n'arriveront pas avant 2022.

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