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Vers un DERNIER changement d'heure en 2021? Rien n'est certain

Vers un DERNIER changement d'heure en 2021? Rien n'est certain
© Image d'illustration Pixabay
 
 

Ce week-end, nous réglons nos montres pour passer à l'heure d'été. Est-ce la dernière fois? Voilà plusieurs années que le débat est lancé dans la plupart des pays européens. Va-t-on abandonner le changement horaire saisonnier? Comment se coordonner avec ses pays voisins pour créer une certaine homogénéité à travers le globe? Si la discussion est lancée, rien ne semble pour l'instant acté. Bien au contraire.

Dans la nuit de samedi à dimanche, nous passons à l'heure d'été. Ainsi, à deux heures du matin dimanche, il sera en réalité trois heures. En d'autres termes, nous perdrons une heure de sommeil, mais la luminosité perdurera le soir.

C'est un rituel qui perdure depuis 1977. Deux fois par an, nous avons l'habitude de régler nos horloges (bien que ceci devienne de plus en plus automatique dû à l'électronique). Lors du dernier dimanche de mars, nos montres sont avancées d'une heure. On dort une heure de moins. Tandis que lors du premier dimanche d'octobre, on les recule d'une heure. On dort donc une heure de plus. Voici à quoi nous sommes exposés en fonction du passage à l'heure d'été ou de l'heure d'hiver. 

Or, cette tradition pourrait être subitement interrompue. Depuis plusieurs années, la suppression de ce changement d'heure est évoquée par les pays européens. Car si à l'époque, il avait pour but de faire des économies d'énergie après les chocs pétroliers, son efficacité est aujourd'hui discutée. Pire encore, on lui impute la modification de nos rythmes biologiques ainsi que la perturbation de secteurs d'activité tels que l'agriculture.

La majorité des Belges favorables à l'arrêt du changement d'heure

En 2018, le Parlement européen avait appelé la Commission à évaluer précisément les conséquences du changement d'heure. 4,6 millions d'Européens avaient alors répondu à une consultation en ligne. 84% d'entre eux se disaient contre le changement d'heure. En Belgique, une enquête d'opinion réalisée sous le gouvernement Charles Michel avait montré que 83% de la population était également favorable à l'arrêt du changement d'heure saisonnier.

2021 marquera-t-elle la fin de ce rituel vieux de 44 ans? Rien n'est moins sûr. En effet, après avoir été approuvé par le Parlement européen, cette proposition doit l'être également par le Conseil de l'Union Européenne, soit l'organe qui réunit les dirigeants des Etats membres de l'UE.

À l'heure actuelle, le Conseil ne s'est pas encore prononcé sur cette proposition"Il n'y a donc aucune décision sur une date quelconque, et il n'y a pas de date butoir", nous explique-t-on. Pour que cette proposition soit validée par le Conseil, une majorité d'Etats membres doit s'y montrer favorable

Le Conseil et le Parlement devront ensuite se mettre d'accord afin d'adopter la législation nécessaire pour mettre un terme au changement d'heure. Or cette proposition n'est toujours pas à l'agenda du Conseil de l'Union Européenne. La suppression du changement d'heure pour 2021 semble donc compromise.

S'il est clair que la crise du Covid a obligé les politiques à revoir leur priorités, il semble que de nombreuses incertitudes existaient avant cela. En effet, l'absence d'une évaluation d'impact et le manque de coordination entre les Etats membres compliquaient déjà une suppression rapide du changement d'heure. 

La nécessité de se coordonner entre pays voisins

Heure d'été ou heure d'hiver? En Belgique, 50% des répondants ont marqué leur préférence pour l'heure d'hiver tandis que 45% se sont exprimés en faveur de l'heure d'été. Pour éviter une certaine cacophonie entre des pays voisins, il sera essentiel de se coordonner. Sauf qu'en pleine pandémie mondiale, les inquiétudes sont ailleurs et les politiques ne semblent pour l'instant s'être prononcés. 

De son côté, le média français Le Figaro estime qu'il faudra sans doute attendre 2022 avant que la question ne revienne sur la table des institutions européennes. "La directive soulève de très nombreux désaccords au sein du Conseil (...) Vu les différends sur ce sujet, je pense que personne ne veut ouvrir à nouveau cette boîte de Pandore", souffle un porte-parole de la France au média.  




 

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