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Voitures sans permis: les ventes restent stables en Belgique, l'électrification va-t-elle les faire bondir?

Voitures sans permis: les ventes restent stables en Belgique, l'électrification va-t-elle les faire bondir?
 
 

Petites et légères, elles ne peuvent pas dépasser les 45 km/h mais trouvent un public spécifique, grâce à quelques arguments que les voitures "normales" ne peuvent pas offrir. Prix, assurance, concurrence: on dresse le portrait de ces véhicules atypiques.

Même si on l'appelle 'voiture sans permis', il s'agit, au niveau de la loi belge, d'un quadricycle léger. Techniquement, pour faire simple, il s'agit d'un "véhicule à moteur à quatre roues dont la masse à vide est inférieure ou égale à 350 kg, (non comprise la masse des batteries pour les véhicules électriques) et dont la vitesse maximale par construction ne dépasse pas 45 km/h", selon le site du SPF Mobilité.

Si on l'appelle 'voiture sans permis', c'est parce qu'elle ne nécessite pas le permis B, celui des voitures traditionnelles.

Mais pour commencer à conduire un quadricycle léger, il faut avoir minimum 15 ans et 9 mois et passer le permis AM (un examen théorique, 4h minimum de cours pratiques, un examen pratique). Permis de conduire qui coûte moins cher: 15€ pour le théorique et 10€ pour le pratique ; mais il faut ajouter environ 200€ pour les cours pratiques obligatoires, selon les auto-écoles. Et "si vous êtes née avant le 14/02/1961, vous n’avez (même) pas besoin du permis AM", précise le fabricant Aixam Belgium. Les plus de 60 ans qui n'ont pas ou plus de permis de conduire peuvent donc continuer à rouler…

Les quadricycles légers doivent être immatriculés (format 10 x 12 cm) comme une moto, et ça coûte normalement 30€.

Par contre, il n'y a ni taxe de circulation ni contrôle technique. 

Les ventes ont-elles augmenté ?

Nous nous sommes tournés vers la Febiac, la Fédération belge de l'automobile et du cycle, pour savoir s'il y avait "de plus en plus" de petites voitures sans permis sur nos routes. Si on retire les modèles professionnels de la marque Ligier Professionnal, nous avons les chiffres suivants:

  • 2017: 557 voitures sans permis neuves vendues en Belgique
  • 2018: 574
  • 2019: 535
  • 2020 (année marquée par la pandémie): 468
  • 2021: 116 sur les deux premiers mois

On parle donc plutôt de stabilité, à moins que les chiffres de 2021 perdurent le reste de l'année (on aurait alors un record de 696 nouvelles voitures sans permis).

Les voitures sans permis restent donc très anecdotiques en Belgique: 1/1.000 environ, car il s'est vendu 550.000 voitures 'normales' dans notre pays en 2019.

Le fabricant français Aixam est le n°1 de la voiture sans permis en Europe. "Nous vendons chaque année entre 280 et 300 voitures neuves en Belgique", indique Allison Tuyttens, responsable du marketing chez Aixam Belgium. Les prix de leurs véhicules s'échelonnent de 9.500 à 14.900 euros. Un prix non négligeable. On est assez proche d'une "vraie" voiture à essence: souvenons-nous qu'une Dacia premier prix coûte 8.990€, qu'une Peugeot 208 de base coûte 15.000€. Si le prix d'achat reste relativement élevé, "la consommation est basse (3 litres/100 km), et les entretiens ne coûtent pas cher", rappelle Allison Tuyttens.

L'avenir de la voiture sans permis est-il électrique ?

Avec de si petits besoins en puissance, il est logique de penser que les voitures sans permis vont s'électrifier. Renault et Citroën sont de cet avis, avec l'étrange Twizy (il existe une version 'quadricycle léger' bridée à 45 km/h, 1 place, 12.000€ et 100 km d'autonomie) et la mignonne Ami (2 places, 7.000€ et 75 km d'autonomie). Deux véhicules destinés à la ville vu leur configuration, tandis que les moteurs essence des Aixam (avec réservoir 16 litres) offrent environ 500 km d'autonomie.

Pour Aixam, "l'avenir, c'est un mix d'électrique et d'essence". D'ailleurs, "nous vendons la 'e Aixam' depuis 2004", mais avec sa centaine de kilomètres d'autonomie, elle ne convainc pas grand monde. "Nous vendons une vingtaine d'e Aixam par an", précise l'entreprise, qui voit davantage d'intérêt pour les professionnels: "Dans notre gamme pro, également en électrique, nous croyons énormément dans le e-Truck", un petit camion qui peut convenir pour un entrepôt ou une grande entreprise.

Y a-t-il des contraintes au niveau des assurances ?

Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d'assurances, précise que les voitures sans permis, comme les autres véhicules, "doivent disposer de l’assurance de responsabilité civile – et donc de leur certificat d’assurance, jadis 'carte verte' (c'est une feuille blanche, désormais…)", selon Wauthier Robyns, son directeur.

La RC ou responsabilité civile, c'est l'assurance de base, celle qui va couvrir les dégâts occasionnés aux autres véhicules lors d'un accident, si le conducteur de la voiture sans permis est en tort. "Les autres garanties (dommages matériels, protection juridique, lésions du conducteur lui-même…) restent facultatives", précise-t-il. C'est également le cas pour une voiture 'normale'.

Cela coûte-t-il plus ou moins cher d'assurer un tel véhicule ? Pas de réponse claire, car les courtiers et les compagnies font un peu ce qu'ils veulent. "Les conditions d’assurance (tarifs mais aussi critère d’âge, notamment) sont du domaine commercial et varient donc d’un assureur à l’autre et de l’expérience de chacun d’eux sur son portefeuille". En clair: certaines compagnies ayant eu beaucoup de sinistres avec de jeunes conducteurs vont augmenter le coût de la prime d'assurance annuelle pour cette catégorie d'âge, d'autres pas.

Au niveau des prix, nous avons fait quelques simulations en ligne, et ils varient fortement. Même s'il y a de nombreux critères pour les établir (âge, résidence, historique de sinistres, etc), on se rapproche des assurances 'moto': cela peut donc commencer très bas (139€), mais ça peut aussi monter très haut (plus de 500€).  




 

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