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Début du procès des "faux César" à Grasse

Dix personnes --marchands, faussaires, intermédiaires-- accusées d'avoir contrefaits des oeuvres du sculpteur César ou de les avoir vendues, ont commencé à comparaître lundi devant le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes).

Eric Piedoie, dit "le Tiec", 55 ans, le principal prévenu, a nié avoir effectué une quelconque contrefaçon, affirmant avoir seulement "interprété" César : "J'ai fabriqué des interprétations. Je n'ai pas réalisé des copies-clones", a dit M. Piedoie, peintre de son état, ancien de l'Ecole des arts décoratifs de Nice.

Les oeuvres "interprétées" par Eric Piedoie étaient cependant signées César.

Un galeriste parisien, Laurent Strouk, et un marchand d'art belge, Guy Pieters, ainsi que des intermédiaires, figurent également parmi les prévenus. Ils sont accusés de recel.

Les faux César, commercialisés comme des oeuvres authentiques, ont commencé à envahir le marché après la mort du sculpteur en 1998, tirant la cote vers le bas.

Des oeuvres qui valaient à l'époque plusieurs centaines de milliers de francs étaient vendues quelques dizaines de milliers de francs.

Les policiers ont été mis sur la piste de Eric Piedoie dans le cadre d'une enquête ouverte après le vol de quatre toiles de maître dans une galerie de Saint-Paul-de Vence, en 2001.

Eric Piedoie, qui réalisait ses oeuvres dans un garage de Grasse, est accusé d'avoir réalisé au total 68 contrefaçons, dont une cinquantaine de César: compressions, avec des petites voitures et des canettes de Coca, faux tableaux et faux dessins.

Selon l'accusation, il aurait également initié au métier son petit frère Franck, qui est soupçonné d'avoir réalisé plusieurs oeuvres "en hommage" ou "à la manière de" Giorgio Morandi, le grand peintre de Bologne.

Eric Piedoie est également soupçonné d'avoir initié un autre faussaire Jean-Charles Villa, qui se trouve aussi sur le banc des accusés.

Christian Martin, journaliste-photographe, proche de César et neveu de Giacometti, qui figure également parmi les prévenus, est accusé d'avoir fabriqué un tampon portant un pouce de César, dont il affirme qu'il n'a jamais servi. Ces tampons pouvaient être utilisés pour signer les oeuvres.

Eric Piedoie a un casier judiciaire chargé, où figurent vingt-et-une condamnations, pour contrefaçons mais aussi pour cambriolage, conduite en état d'ivresse et trafic de drogue

Le procès, qui devait initialement durer jusqu'à vendredi, pourrait se terminer plus tôt.

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