Atteinte de MISOPHONIE, Véronica est angoissée par certains bruits répétitifs: "Il m’est arrivé de vomir"

Atteinte de MISOPHONIE, Véronica est angoissée par certains bruits répétitifs:

Le cliquetis d’un stylo, un chewing-gum mastiqué, des reniflements,… Autant de bruits qui énervent énormément de monde ! Au-delà du sentiment d’inconfort, cela peut parfois se transformer en angoisse, colère et haine. Il s’agit même d’une maladie qui porte un nom : la misophonie. Reporters a enquêté sur le sujet.

Maladie longtemps restée dans l’ombre, la misophonie a été identifiée en 2000 par des chercheurs américains et se traduirait par la "haine du son". Cette dernière provoque chez les personnes qu’elle touche une haine profonde, un dégoût, à l’écoute de certains bruits répétitifs. Certains se mettraient même dans des colères noires, d’autres pleureraient, d’autres encore, feraient des crises d’angoisse.

Tant de manières différentes de réagir à cette maladie, mais une chose reste identique à chaque cas, Eric Mairlot, hypno-thérapeute, explique :"On a comme point commun à toutes les phobies une sorte d’auto hypnose très sélective, ce qui est donc de s’hyper-concentrer sur quelque chose. En fonction de la manière dont on perçoit cet élément, on va soit trouver ça génial, soit en souffrir. Dans la misophonie, évidemment, c’est une souffrance qui se construit petit à petit."

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Eric Mairlot, hypno-thérapeute


En d’autres termes, la misophonie, qu’est-ce que c’est ?

Cette maladie est un trouble neurologique par lequel les bruits ne sont pas interprétés correctement par le système nerveux central. Autrement dit, il s’agit d’une hyperactivation de la région cérébrale qui nous permet d’orienter notre attention vers les évènements. Une étude, menée par des chercheurs de l’université de Newcastle, montre qu’il existe une anomalie dans la façon dont certaines structures cérébrales sont connectées entre elles. Donc, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la misophonie n’est pas une manie ou une phobie, elle est une maladie neuro-psychiatrique.

Ses symptômes apparaissent généralement à l’âge de l’enfance, même s’ils peuvent survenir à n’importe quel moment. Cela commence par une réaction à un bruit spécifique, avant que d’autres sons ne viennent s’y ajouter un à un.

Veronica, de son nom d’emprunt, raconte son quotidien : "Si j’entends un son qui me déplaît, je vais avoir de fortes réactions et je ne peux pas me le permettre au travail ou devant les gens. Souvent, il s’agit de colère, de dégoût, de beaucoup de stress et de peur en fait. (…) Quand je suis dans un endroit public, je stresse beaucoup parce que je me dis que je peux croiser quelqu’un qui va faire du bruit." Un stress constant, et lorsque celui-ci refait surface, il ne passe pas inaperçu… "Je vais me mettre à pleurer. Ça m’arrive aussi de crier de douleur, ce qui va encore plus attirer l’attention sur moi… C’est assez désagréable, que ce soit pour moi ou pour les autres. (…) Une fois, il m’est arrivé de vomir."


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Véronica témoigne : elle se protège du bruit avec des écouteurs


Quel traitement ?

À l’heure actuelle, aucun traitement n’a été découvert. Cependant, il existe des thérapies à suivre, comme l’hypnose par exemple. Selon le Docteur Eric Mairlot, la misophonie proviendrait, parfois, d’un traumatisme. Grâce à l’hypnose, les professionnels peuvent en rechercher la cause et la trouver.

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Préparation à une séance d’hypnose avec le Docteur Eric Mairlot

Aujourd’hui, la maladie est encore méconnue de la société. Ceux qui en sont atteints sont donc incompris et réduit à la solitude.

Pour en apprendre un peu plus, rendez-vous ce soir dans Reporters.

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