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L'inflation aux Etats-Unis a atteint en mai un sommet en 6 ans

L'inflation aux Etats-Unis a atteint en mai un sommet en 6 ans
Des clients dans un magasin de JCPenny store dans un centre commercial de Manhattan le 11 avril 2018 à New York. L'inflation a atteint en mai un sommet en 6 ansDrew Angerer

L'inflation sur un an en mai aux Etats-Unis a atteint un sommet en six ans, s'installant autour de la cible de la banque centrale (Fed), ce qui devrait conforter celle-ci dans son intention de poursuivre une hausse des taux d'intérêt graduelle.

Sur le mois, l'indice des prix basé sur les dépenses de consommation, mesure préférée de la Réserve fédérale américaine pour observer l'évolution des prix, a augmenté de 0,2%, comme s'y attendaient les analystes, portant la progression à + 2,3% sur un an, a dévoilé le département du Commerce vendredi.

L'inflation est ainsi passée pour la première fois depuis mars 2012 au-dessus de la barre des 2% l'an, où elle stagnait depuis deux mois.

Si la hausse des prix de l'énergie a aidé, l'inflation annuelle sous-jacente --sans les secteurs volatils de l'alimentation et de l'énergie-- a elle aussi atteint un sommet en six ans à 2%, touchant également l'objectif de la Fed. Sur le mois, les prix hors énergie ont augmenté de 0,2%.

Cette progressive remontée de l'inflation devrait convaincre les membres de la Fed de poursuivre un resserrement graduel de ses taux directeurs.

La Réserve fédérale a relevé les taux deux fois cette année et deux autres hausses de 25 points de base sont a priori attendues d'ici la fin de l'année alors qu'ils se situent actuellement entre 1,75% et 2%.

"Avec cette inflation qui montre de la résilience autour de la cible de 2% de la Fed, nous continuons à anticiper un total de quatre relèvements des taux en 2018 à moins que la politique commerciale ne gâche ces plans", souligne Gregory Daco d'Oxford Economics.

La prochaine réunion monétaire de la Fed est prévue les 31 juillet et 1er août. Pour autant, les analystes s'attendent plutôt à une hausse en septembre.

- Consommation décevante -

Le département du commerce a également publié vendredi l'évolution des dépenses et revenus des ménages.

Ceux-ci ont augmenté en mai davantage (+0,4%) que les dépenses de consommation qui ont été décevantes, selon l'indice PCE publié vendredi.

La progression des dépenses des ménages a ralenti à 0,2% en mai après avoir fait un bond de 0,6% et 0,5% en mars et avril.

Les analystes s'attendaient à une consommation plus dynamique (+0,4%).

Mais pour Gregory Daco d'Oxford Economics, la progression de la consommation au deuxième trimestre va être solide et remonter autour de 2,8%, au lieu de 0,9% au premier trimestre, ce qui va tirer la croissance du PIB d'avril à juin.

En mai, ce sont les ventes de biens durables qui ont ralenti (-0,1%), tirées vers le bas par des ventes automobiles plus faibles.

"Une partie de la mollesse des ventes reflète une chute des ventes automobiles et des dépenses moindres dans les services d'utilité publique", comme l'électricité, ont estimé les analystes de Capital Economics.

Les dépenses dans les services ont, eux, augmenté de 0,2% comme en avril tandis que les revenus des ménages ont accéléré comme prévu de 0,4% en mai après +0,2% en avril (révisé en baisse).

Le dynamisme du marché de l'emploi semble pousser les salaires à la hausse, a également noté Michael Pearce, de Capital Economics, soulignant que le taux d'épargne a ainsi pu remonter un peu à 3,2%.

Le revenu disponible après impôt a enfin augmenté de 0,4%, sa plus forte hausse depuis janvier.

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