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Coronavirus: en quoi consiste l'état d'urgence internationale décrété par l'OMS?

Coronavirus: en quoi consiste l'état d'urgence internationale décrété par l'OMS?
© Image Belga
 
 

Le coronavirus est désormais une urgence sanitaire "de portée internationale". L'OMS a décidé jeudi soir à Genève, en Suisse, de lui attribuer ce statut, après la réunion d'un comité d'urgence d'une quinzaine d'experts. Le bilan de l'épidémie s'est alourdi à 213 victimes en Chine.

Qu'est-ce que l'état d'urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) ? 

Sur son site internet, l'OMS nous indique qu'une USPPI "s’entend d’un événement extraordinaire dont il est déterminé qu’il constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque international de propagation de maladies et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée". 

Pour qu'un tel état soit décrété, plusieurs conditions doivent être réunies. La situation doit être qualifiée de "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue" selon des informations communiquées par l'organisation mondiale. De plus, elle doit avoir "des implications pour la santé publique dépassant les frontières nationales de l’État affecté". Enfin, elle pourrait nécessiter une action internationale immédiate.

Dans le cadre de l'épidémie du coronavirus, l'OMS a estimé que toutes les conditions étaient réunies pour décréter l'état d'urgence de santé publique de portée internationale.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'"urgence de santé publique de portée internationale" que pour de rares cas d'épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Qu'est-ce qui va changer dans la prise en charge de l'épidémie? 

En ayant déclaré l'urgence internationale, l'OMS a désormais le droit d'interroger les pays sur les restrictions aux voyages qu'ils vont imposer ou ont déjà imposé. La semaine dernière, l'OMS avait estimé qu'il était "trop tôt" pour décréter l'alerte mondiale, mais l'apparition de cas de transmissions interhumaines en dehors de la Chine a fait pencher la balance.

Le bilan de cette épidémie de pneumonie virale s'est alourdi à 213 morts jeudi en Chine. Le nombre de patients contaminés par ce virus de la famille du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) a grimpé à environ 7.700 en Chine continentale (hors Hong Kong), dépassant désormais largement celui (5.327) de personnes infectées par le Sras en 2002-2003.

Un cordon sanitaire 56 millions d'habitants

Wuhan, métropole du centre de la Chine d'où est partie l'épidémie, est coupée du monde depuis une semaine, comme la quasi-totalité de la province environnante du Hubei.

Alors que ce cordon sanitaire imposé le 23 janvier interdit à quelque 56 millions d'habitants de quitter la région, les Etats-Unis et le Japon ont évacué mercredi une partie de leurs ressortissants. Un deuxième avion américain est attendu dans les prochains jours.

D'autres pays planifient des opérations, et les mesures de précaution internationales se durcissent, avec notamment la Russie qui a annoncé qu'elle fermerait vendredi ses 4.250 km de frontière avec la Chine.




 

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