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La police israélienne frappe les porteurs du cercueil de la journaliste tuée

 
 

Des violences ont éclaté vendredi dans l'enceinte d'un hôpital à Jérusalem. Les faits sont survenus à la sortie du cercueil de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh. La police israélienne a dispersé une foule brandissant des drapeaux palestiniens, selon des journalistes de l'AFP sur place et des médias locaux.

Des images retransmises par des télévisions locales montrent le cercueil de la reporter de la télévision du Qatar Al Jazeera, tuée mercredi lors d'un raid israélien en Cisjordanie occupée, manquer de tomber au sol alors que des policiers israéliens dispersent la foule.

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Les forces israéliennes ont fait irruption dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par l'Etat hébreu. "Si vous n'arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d'avoir lieu", a déclaré dans une mégaphone un policier israélien en direction de la foule, selon une vidéo diffusée par la police.

Selon la police, "des centaines de personnes" se sont rassemblées à l'hôpital et des pierres ont été jetées en direction de la police qui a été "obligée d'utiliser des moyens de dispersion anti-émeute".

De brutales forces spéciales israéliennes attaquent le cortège funèbre

"De brutales forces spéciales israéliennes attaquent le cortège funèbre de Shireen Abou Akleh sortant de l'hôpital Saint-Joseph", a dénoncé sur Twitter Hanane Achraoui, une ancienne ténor de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). "L'inhumanité d'Israël s'affiche en grand", a-t-elle affirmé.

 

Le cercueil de Shireen Abu Akleh a finalement été transporté vers la Vieille Ville où est célébrée une messe dans une église, avant l'inhumation dans un cimetière à proximité.

Le décès de cette reporter, icône du journalisme palestinien, a suscité une vague d'émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux Etats-Unis.

Palestinienne chrétienne âgée de 51 ans et ayant aussi la nationalité américaine, la journaliste a été tuée d'une balle dans la tête alors qu'elle couvrait une opération israélienne dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Israël, après avoir dit qu'elle avait "probablement" succombé à un tir palestinien, a affirmé ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats. L'Autorité palestinienne, Al Jazeera et le gouvernement qatari ont accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.

Des dizaines de blessés

D'après le Croissant rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées lors des funérailles, dont six ont été hospitalisées. La police israélienne a de son côté fait état de six arrestations.

L'Union européenne dénonce l'usage de la force par Israël

"Consternée par la violence dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph et par le niveau de force inutile exercée par la police israélienne tout au long du cortège funèbre", a tweeté la délégation de l'Union européenne auprès des Palestiniens. "Un comportement aussi disproportionné ne fait qu'alimenter les tensions", d'après l'UE. 

La Maison Blanche se dit "profondément troublée"

La Maison Blanche s'est dite vendredi "profondément troublée" par les images des obsèques de la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh, marquées par une charge de la police israélienne au départ du cortège funèbre. "Nous avons tous vu ces images, elles sont profondément troublantes", a déclaré la porte-parole Jen Psaki. "Nous déplorons l'intrusion dans ce qui aurait dû être une procession dans le calme", a-t-elle ajouté.

"Nous avons demandé du respect pour la procession funèbre, les proches de la défunte et la famille dans ce contexte sensible", a poursuivi Mme Psaki, en rendant hommage à la "journaliste remarquable" tuée mercredi lors d'un raid israélien en Cisjordanie occupée.

Au contraire de l'Union européenne, la porte-parole de l'exécutif américain s'est gardée de dénoncer l'usage d'une force disproportionnée par les forces israéliennes lors de ces funérailles. "Quand nous disons qu'elles (ces images) sont troublantes, évidemment nous ne les justifions pas", s'est-elle bornée à dire.


 

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