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Suicide de la directrice financière du CPAS de Tournai: "Soit du vol et de la complicité active, soit de la négligence et de la complicité passive"

 
 

Le décès de Mme Ariane Ruffelart, directrice financière du CPAS de Tournai a été révélé ce samedi. Un conseil extraordinaire de l’action sociale s’était réuni en extrême urgence la veille.

L’information révélée lors du conseil extraordinaire, qui s’est tenu vendredi, a fait l’effet d’une bombe: la police fédérale dispose d’éléments prouvant des malversations au CPAS de Tournai. Depuis plusieurs semaines, des enquêteurs du contrôle du blanchiment d’argent ont des preuves que de l’argent provenant de comptes du CPAS tournaisien a été envoyé vers des comptes étrangers.

Les opérations frauduleuses seraient toujours en compte, et remonteraient aux années nonante. Selon les informations actuelles, le flux d’argent dépasserait les deux millions d’euros. Dans l’affaire, un nom revient: celui d’Ariane Ruffelart.



Mise à pied vendredi, Mme Ruffelart n’a pas manifesté d’émotion particulière

Après la réunion extraordinaire de l’action sociale, Mme Ruffelart a été convoquée vendredi soir par Rita Leclercq, la présidente, et le directeur général Luc Leroy. Ils ont mis à pied la directrice financière du CPAS, qui n’a pas manifesté d’émotion particulière. Mme Ruffelart est alors rentrée chez elle.

C'est à son domicile de Tournai qu'Ariane Ruffelart s'est pendue la nuit de vendredi à samedi. "Les vérifications effectuées ne permettent de conclure à l'intervention d'un tiers dans le processus du décès de l'intéressée qui s'est suicidée", a précisé le parquet.


"Un drame humain avant tout"

"C’est un drame, d’autant plus que cette dame on la cotoyait en négociations syndicales, c’éatit une dame qui était extrêmement gentille, qui paraissait loyale, honnête, et très professionnelle dans son métier. Lorsqu’on lui posait des questions, on obtenait toujours des questions très précises, donc c’est effectivement un drame humain avant tout", explique Pascal Douliez, secrétaire régional CGSP, au micro de Benjamin Samyn.


"C’est une bombe atomique ce qui se passe aujourd’hui"

La police fédérale aurait la conviction que des malversations étaient organisées au départ de comptes du CPAS tournaisiens ; Les opérations frauduleuses, toujours en cours, remonteraient jusqu’aux années 90. On parle de plus de deux millions d’euros. Le choc est terrible, alors que le CPAS de tournai, dans le rouge, a dû licencier des collaborateurs. "C’étaient 58 travailleurs en tout, parce qu’il y a eu des départs à la retraite pas remplacés, il faut quand même savoir que depuis 2012, c’est une centaine de travailleurs en moins au sein du CPAS de Tournai. Lorsqu’on accumule tout ça on se rend compte que c’est une bombe atomique ce qui se passe aujourd’hui", ajoute le secrétaire régional.


Des complicités?

Face à l’ampleur et la durée de la fraude, beaucoup s’interrogent par rapport à l’existence de complicités. "A partir du moment où on vole deux millions dans les caisses et que l’autorité ne serait pas informée, c’est soit du vol et de la complicité active, soit de la négligence et de la complicité passive", réagit Serge De Prez, secrétaire régional CSC.


L’enquête ne fait que commencer

L’enquête de la police fédérale n’en est qu’à ses débuts. "Ce genre de dossier financier demandant un travail de longue haleine du côté des enquêteurs, il n'était pas prévu de communiquer auprès de la presse avant plusieurs semaines. Les choses en ont décidé autrement", a précisé Christian Henry, procureur du roi de l'arrondissement judiciaire de Tournai-Mons. "Cette instruction qui a à peine débuté ne sera pas autrement commentée actuellement, de nombreux devoirs d'enquête doivent encore être exécutés", a signalé le parquet dans un communiqué.

Les enquêteurs devront comprendre comme les détournements ont été rendus possibles, et comment ils ont pu perdurer sur une aussi longue période sans avoir été repérés. Une instruction a été ouverte à Mons par Mme Pichveque, juge d'instruction financier, pour des faits de détournement de fonds. Quant aux syndicats, ils appellent à une prise de conscience au niveau de la direction et des instances politiques.





 

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