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Yung-Do habite à 100 mètres d'une école secondaire à Bruxelles, mais son fils s'en est vu assigner une autre "à 30 minutes de transport en commun"

 
 

Yung-Do, un habitant de Jette, a poussé le bouton orange Alertez-nous pour dénoncer le système du décret inscription. Il a inscrit son fils en première secondaire dans l’école située à moins de 100 mètres de chez lui, mais c’est finalement l’école de son 4e choix, à plus de 4 km, qui lui a été attribuée. Ce père de famille ne comprend pas pourquoi et a l’impression que les critères du décret n’ont pas été respectés, notamment en ce qui concerne la distance géographique.

"J’ai inscrit mon fils en premier choix au Collège Saint-Pierre de Jette, car j’habite à deux maisons de l’entrée le premier jour de la date d’inscription. Je reçois la réponse pour m'annoncer son inscription à l’Institut De Mot-Couvreur (4choix) ! Cette école se situe à plus d’une demi-heure de transport en commun. La sélection du décret inscription n'a, pour moi, aucun sens." C’est en colère et dans l’incompréhension que Yung-Do nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous.

En septembre prochain, son fils Kaname entrera en première année secondaire. Une étape cruciale dans la scolarité du jeune garçon. Mais avant ça, s’est inévitablement posé la question du choix de l’école. Chaque année, c’est la même chose : les parents ont trois semaines au mois de février pour rentrer un formulaire unique d’inscription dans l’école de leur premier choix. Dans ce formulaire, ils peuvent indiquer jusqu’à 10 choix d’écoles, classées selon leur ordre de préférence. C’est précisément ce qu’a fait Yung-Do, et il s’y est pris directement, nous dit-il, le premier jour de la période d’inscription."C’est, pour moi, une question de bon sens. Ce n’est pas comme si on avait attendu."


Yung-Do et son fils Kaname (© RTL INFO)

Le problème ? Malgré leurs démarches rapides, Yung-Do et son fils n’ont pas pu obtenir une place en première secondaire dans l’école de leur premier choix. "C’était un choix de cœur et de raison", glisse ce papa, déçu pour son enfant. "Je suis déçu, car depuis que je connais cette école, j’avais envie d’y aller. Je me disais que ce serait une bonne école pour moi", nous confie le garçon de 11 ans. Kaname n’a pas non plus pu obtenir une place dans l’école de son second choix, ni dans celle du troisième choix d’ailleurs… C’est dans l’école de son quatrième choix que cet élève devrait donc entamer son cycle secondaire en septembre prochain. "Quand on nous a donné le document à remplir, on nous a dit qu’il fallait mettre 5 choix obligatoirement, se défend Yung-Do. Comme on habite Jette, on avait mis 3 écoles à Jette, car c’est le plus logique. Ensuite, on s’est demandé ce qu’on allait mettre comme 4e et 5e choix. Sinon, on n’en aurait mis que trois."

On nous a dit que Mot-Couvreur faisait partie des écoles les moins demandées, donc on nous a mis là

L’école en question, c’est l’Institut De Mot-Couvreur, à Bruxelles. "En plein centre-ville, réagit le papa de Kaname. A plus de 30 minutes en transport en commun." S’il se réfère au décret inscription et à ses règles, Yung-Do ne comprend pas pourquoi son fils a obtenu une place dans cette école. "On est quand même assez surpris puisque, dans le décret, il y a le calcul logistique par rapport au lieu où on habite. Ici, c’est vraiment l’école la plus éloignée… Je suis content finalement de ne pas avoir mis une école à Tournai ou Bastogne, sinon il se serait retrouvé là-bas si on suit cette logique", poursuit-il.

Ce papa nous dit avoir pris des contacts pour tenter de comprendre la raison de ce choix. Mais l’explication donnée est loin de le satisfaire. "On nous a dit que Mot-Couvreur faisait partie des écoles les moins demandées donc on nous a mis là", dénonce-t-il. Ce qui l’embête surtout, nous confie-t-il, c’est qu’il a l’impression que "les règles du décret ne sont pas suivies", puisque le lieu géographique n’a manifestement ici pas été pris en compte. "De sa chambre, Kaname peut voir la cour de récréation… C’est vraiment juste à côté. On se demande à quoi servent les règles ?", s’interroge Yung-Do.

"On va devoir s’organiser autrement… À une époque où on parle d’écologie et de transports non-fossiles, ici, on avait le choix de mettre notre enfant juste à côté, ce qui fait moins de pollution. Et maintenant, il va falloir qu’il prenne le bus, le tram… Et nous aussi, quand on va devoir aller le chercher à l’école ou aller à des réunions de parents, on devra prendre notre véhicule", regrette ce papa.

Bruxelles fait face à un nombre important de demandes

Une situation regrettable qui reste cependant relativement rare. De manière générale, "92% des élèves obtiennent l’école de leur premier choix", nous informe Nicolas Naif, président de la Commission Inter Réseaux des Inscriptions (CIRI). Mais lorsque l’on se concentre davantage sur Bruxelles, ce pourcentage tend à diminuer. "On est plus autour de 85%", note-t-il.

La raison ? Bruxelles, et plus particulièrement la partie nord-ouest de la capitale, fait face à "une plus grande tension en termes de demandes", nous apprend l’Administration générale de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Et ce, en dépit de l’ouverture relativement récente d’établissements nouveaux." Cela signifie que les écoles vont recevoir un nombre de demandes nettement supérieur au nombre de places disponibles. Dans ces cas-là, un classement sera réalisé et les places disponibles seront attribuées en deux temps. "Dans un premier temps, 80% des formulaires qui sont les mieux classés ou qui ont fait valoir une priorité seront directement inscrits", explique le président de la CIRI.

Les dossiers sont en effet d’abord classés selon les priorités, "si un frère ou une sœur se trouve déjà dans l’école, s’il s’agit d’un élève à besoins spécifiques ou si l’élève a un parent qui enseigne dans l’école", développe Nicolas Naif. Puis selon un indice composite, basé sur 7 critères qui se multiplient entre eux. "Les trois critères principaux sont l’ordre de préférence, donc l’école du premier choix sera valorisée, ensuite la distance entre le domicile et l’école primaire et enfin la distance entre le domicile et l’école secondaire", poursuit notre interlocuteur. La distance séparant l’école primaire actuelle de l’école secondaire est également prise en compte. Et c’est un logiciel qui s’occupera de croiser et de calculer toutes ces données afin de faire apparaître l’indice composite de chaque dossier. Les indices composites les plus élevés ont évidemment plus de chance d’obtenir une place dans l’école de leur choix.

Ciri
(© RTL INFO)

C’est ensuite la Commission Inter Réseaux des Inscriptions, sur base des mêmes critères et priorités cités précédemment, qui attribuera les 20% de places restantes. "Les différentes demandes sont analysées et on essaye de placer les élèves au plus près de leur meilleure préférence", assure Nicolas Naif. Malheureusement, il arrive donc que l’élève se retrouve dans l’école de son quatrième choix parce que les écoles du deuxième et troisième choix sont également très demandées. Et ce, même si l’indice composite de l’élève était assez élevé et donc qu’il vit à proximité de l’école visée.

Dans le cas de Yung-Do, son fils fréquente actuellement l’Athénée Royal Léonard De Vinci à Anderlecht, soit à un peu plus de 5 km du domicile familial. Même si le Collège Saint-Pierre de Jette se trouve à moins de 100 mètres de chez eux, l’Institut du Mot-Couvreur obtient un meilleur score quand on calcule la distance le séparant de l’école primaire actuelle. Et cela compte dans la balance !

Comme des places étaient encore disponibles dans cet établissement, Kaname en obtient donc une pour la rentrée de septembre et est placé sur liste d’attente dans les autres établissements. "C’est à ce moment-là que les parents doivent faire un choix, nous indique le président de la CIRI. Soit, ils acceptent cette école et donc ils renoncent à l’ensemble des établissements où ils sont en liste d’attente. Soit, parce que les classements peuvent évoluer, ils décident de rester en liste d’attente même s’ils ont obtenu une place dans l’école de leur cinquième choix."

Notre interlocuteur précise que les parents peuvent rester sur liste d’attente jusqu’en juin voire août selon certaines configurations. "On nous a proposé de nous enlever des listes d’attente, mais on ne s’est pas découragé. On reste sur liste d’attente de l’école du premier choix et du choix logique", conclut Yung-Do.  


 

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