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Fabienne et François privés de leurs petits-enfants, dont le père a tué la mère: comment le SAJ prend-il ses décisions ?

Nous vous parlions en début de semaine de ces deux fillettes de 8 mois et 4 ans dont la maman est décédée, tuée par son ex-compagnon. Elles ont été confiées au service d'aide à la jeunesse alors que la famille (principalement les grands-parents) est disposée à les accueillir. L'administration a accepté de nous expliquer comment elle fonctionne. 

"Le moment du départ est arrivé", nous confiait Fabienne, la grand-mère des fillettes, le 22 novembre dernier. Pour ne pas compromettre la possibilité de récupérer les petites filles plus tard, François et Fabienne ont été déposer les enfants au SAJ, le service d'aide à la jeunesse.

"Pourquoi mamy et papy nous laissent là et ne nous ont pas repris avec eux, ce sont les questions qu'on nous pose tous les jours. 'Pourquoi mamy je dois partir? Qu'est-ce que j'ai fait?', et on lui dit 'Ce n'est pas toi, c'est la décision du SAJ", ajoute Fabienne.

Présente également pour porter les affaires des deux petites filles, Océane, leur tante âgée de 20 ans, s'était aussi portée candidate pour accueillir ses nièces. "C'est dégueulasse de les replacer, au lieu de les mettre chez moi, chez mes parents ou chez mon frère, qui pouvait aussi les avoir. Mais ils n'ont rien voulu entendre", dit-elle.

Comment le SAJ prend ses décisions ?

Dans ce dossier très particulier, la position du SAJ est difficile à comprendre. Comment dans ce genre de dossier, les décisions sont-elles prises? Il y a en Communauté française, 13 services d'aide à la jeunesse. Celui de Liège est un des plus importants. 2.500 dossiers y sont ouverts en permanence. Ils concernent des enfants entre 0 et 17 ans qui ont besoin d'être protégés. Parfois les enfants ou même les parents sont demandeurs de mesures de placement, en famille d'accueil ou en foyer pour soulager une situation familiale compliquée. Dans ce cas, le traitement du dossier peut aller vite mais souvent ça prend du temps.

"Il y a des dossiers où on va prendre facilement 30h, entre les rendez-vous, les contacts, les visites à domicile, car on ne se contente pas de recevoir les gens ici... On va aussi parfois à l'école pour rencontrer l'enfant dans un cadre scolaire. On se déplace dans un centre de guidance. Tout ça peut représenter une somme d'heures vraiment importante, rien que dans le contact", précise Joëlle Piquard.

A Liège, une cinquantaine de délégués sont chargés de récolter des informations sur le terrain. La décision, après avoir rencontré toute la famille, est prise par un conseillé (ils sont au nombre de cinq). 

"Chaque situation mérite d'avoir un regard singulier sur elle. Chaque famille, chaque jeune, mérite qu'on regarde pour lui et pas qu'on regarde une liste, qu'on checke 5 points et donc on se retrouve dans tel cas de figure, et donc je vais activer telle solution. Il y a des situations qui sont réfléchies en fonction du particularisme de la situation", ajoute Joëlle Piquard. 

Pas d'explications sur ce cas particulier...

Pourquoi Fabienne et François ne peuvent-ils pas garder leurs petites filles chez eux alors que depuis le décès de leur maman, elles vont beaucoup mieux? Le SAJ restera muet, derrière le secret professionnel. La conseillère qui a accepté de nous recevoir nous précise qu'une décision n'est jamais définitive. Parfois, la situation impose de complètement modifier les mesures mises en place.

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