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Belle histoire à Beloeil: Séverine transforme son café, fermé à cause du coronavirus, en boulangerie

A Beloeil, Séverine a décidé de transformer son café en boulangerie. La crise sanitaire lui a fait perdre 80% de son chiffre d'affaires, dit-elle. Plutôt que de subir, elle a choisi de rebondir.

C'est par une vidéo drôle et qui a fait le buzz que Séverine a fait l'annonce. Cette habitante de Stambruges (Beloeil) dans la province du Hainaut transforme son café de village en une boulangerie. Le but: surmonter la crise que nous traversons par tous les moyens. Sur la vidéo postée sur Facebook (voir au bas de l'article), Séverine, maman de trois enfants, se met en scène et s'amuse de la situation. Le gouvernement décide de fermer l'Horeca? Pas de problème, elle ouvre un dépôt de pain dans son village. Et ça tombe bien, à Stambruges, des boulangeries, il n'y en a plus.

Un temps de répit

Le café ouvert par sa maman en 1987 est exploité par Séverine et une associée depuis 2007. Le premier confinement n'a pas été vécu par Séverine comme une catastrophe : "J'avais justement envie de réduire un peu le rythme. J'ai pu redécouvrir des plaisirs oubliés. Le jardinage, prendre du temps avec les enfants. A titre personnel, ça s'est bien passé. Ce n'était pas la fête non plus."

L'ambiance post-confinement étaient assez froide

Séverine touche les 5.000 euros de la Région wallonne pour son établissement. Vient alors le temps de la réouverture de l'horeca au mois de juin. Et là, c'est la déception. "On ne voyait plus les clients. Je ne sais pas s'ils ne sortent plus, s'ils ont changé de crèmerie ou si simplement ils boivent chez eux. Les clients ne sont pas tous revenus et ceux qui sont revenus revenaient moins souvent. En plus, l'ambiance post-confinement étaient assez froide. Plus de tabouret au comptoir, les clients ne peuvent pas circuler comme ils veulent dans l'établissement. Cela a un peu cassé le côté convivial. Qui plus est dans un café de village où tout le monde se connait et où on a plus tendance à passer d'une table à une autre."

Résultat, Séverine dit avoir perdu 80% de son chiffre d'affaires lors de cette réouverture.

Du pain à la bière

Alors lorsque l'annonce d'un deuxième confinement se profile fin octobre, pas question cette fois-ci de se laisser aller. "Il faut faire quelque chose. Il ne faut pas baisser les bras. Il faut aller de l'avant", se dit-elle. L'idée lui vient d'une simple observation : "Avec mon mari, on a une station-service également. Là, on survit grâce à l'alimentaire qui y est vendu. Au final, tout le monde mange, du pain notamment. L'idée était de garder un fil conducteur avec le café que je tiens. Levure, bière, le houblon, etc…". Le lien et l'idée sont trouvés. Séverine, 45 ans, ne fabrique pas le pain sur place. Son café fait office de dépôt de pain seulement. "Je vais vendre les produits de la boulangerie 'Copains' qui est situé à Strépy-Bracquegnies. Ils fabriquent notamment du pain à la Floreffe ou à la Saint-Feuillien", histoire de garder un fil conducteur de plus avec son débit de boisson. 

Espérons que ça continue

Chaise et tables déplacés, rack à pain et machine à découper achetés, et voilà le tour est joué. Le café est devenu boulangerie. L'ouverture a eu lieu ce mardi 1er décembre. Les premiers clients ont déboulé dès l'ouverture. Une des clientes du jour témoigne: "Il n'y avait pas de boulangerie, donc il fallait chaque fois prendre la voiture pour pouvoir aller chercher du pain. Je dois dire que ça m'embêtait particulièrement. Quand j'ai vu qu'elle ouvrait une boulangerie, je me suis dit que c'était génial." Séverine de son côté jubile: "Ça s'est super bien passé. Les habitants du village sont super réceptifs. Espérons que ça continue et que ça soit plus que des curieux."

Lorsque l'Horeca pourra rouvrir, Séverine compte relancer son café et pourquoi pas rouvrir ses deux activités moyennant quelques aménagements. "Le bâtiment est assez grand. On ne baisse pas les bras."

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