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"Ce n'est pas normal d'être flashé parce qu'on emprunte une rue": dans cette commune proche de Bruxelles, les amendes risquent de pleuvoir...

À partir du 21 février, circuler sur certains axes de la commune de Dilbeek durant les heures de pointe pourrait vous coûter cher. Les autorités ont décidé d'interdire le trafic de transit sur certaines rues. Des caméras ANPR vont être installées afin de veiller au bon respect de la mesure. Si la communication de l'information ou la signalisation ne sont pas assez efficaces, de nombreuses personnes pourraient recevoir une amende...

Via le bouton orange Alertez-nous, vous êtes plusieurs à nous informer d'un changement de règlementation dans la commune de Dilbeek. "À partir de ce 21 février, la commune de Dilbeek passera trois de ses rues en interdiction de passages aux heures de pointe pour les non-résidents", prévient Michaël. "Habitant de Dilbeek, je me vois dans l'interdiction de circuler pendant des heures précises dans certaines rues de ma commune", ajoute Alexandre. 

En effet, à partir de ce 21 février, la commune de Dilbeek instaure une nouvelle mesure de circulation. Dès le 21 février, il sera interdit de circuler en voiture durant les heures de pointe dans le quartier du Kattebroek, près du cimetière de Berchem. Les heures de pointe sont définies comme suit : de 6h30 à 9h30 et de 15h30 à 19h. Trois rues sont concernées: la Thaborstraat, De Bergen en Berchemstraat.

Des caméras pour contrôler

Afin de veiller au respect de cette mesure, des caméras ANPR vont être installées comme l'indique cet arrêté. Les caméras, qui ont la faculté de reconnaître les plaques d'immatriculation, seront utilisées par les forces de l'ordre afin de s'assurer que les personnes qui circulent durant les axes concernés ont bel et bien une dérogation. Une amende de 58€ est prévue en cas de non-respect de la mesure. 

Les personnes qui habitent ou travaillent dans la zone concernées pourront continuer à circuler normalement. Cependant, une demande de dérogation doit être faite préalablement auprès des autorités sous peine d'être considéré comme un contrevenant et ainsi se voir attribuer une amende. Cette demande peut être faite à partir du 1er février.

Nathalie, une habitante de Berchem-Sainte-Agathe s'offusque. À peine deux kilomètres la séparent du Kattebroek à Dilbeek. Alors qu'elle travaille à l'hôpital Erasme, elle emprunte la Thaborstraat pour rentrer du travail. "Sans cela, je suis obligée de prendre des petites rues de campagne. Je perds facilement 10 minutes", explique-t-elle. 

Pas normal d'être flashé parce que l'on emprunte une rue

Pour Nathalie, l'annonce de cette nouvelle mesure à Dilbeek est une réelle contrainte. Elle craint de passer plus de temps sur la route et de devoir emprunter des zones tout aussi denses en terme de trafic. Afin de s'opposer à cela, elle a signé une pétition qui circule sur Facebook. "Ce n'est pas normal d'être flashé parce que l'on emprunte une rue. Même le prix de l'amende ne correspond pas aux amendes du code de la route", s'étonne-t-elle. 

Avec une telle mesure, la commune de Dilbeek espère reporter le trafic de transit vers les plus grands axes. "Ce n'est pas une politique contre la voiture, c'est une politique contre la voiture au mauvais endroit", justifient les autorités sur le site communal. Ce sont des caméras qui analysent les entrées et les sorties dans le quartier. Donc si vous rendez visite à un riverain, la durée entre l'entrée et la sortie vous évitera d'être verbalisé. 

Pas une première

Comme nous le rappelle Benoît Godart, porte-parole de l'institut de sécurité routière Vias, il ne s'agit pas d'une première. En 2018, la commune de Kortenberg avait installé des caméras ANPR et mis une mesure similaire en interdisant les non-riverains à circuler sur la Minneveldstraat, parallèle à la chaussée de Louvain, un axe très emprunté. Une amende de 55€ était prévue. 

Ces quartiers résidentiels ne sont pas faits pour accueillir des milliers de voitures

"C'est toujours le même type de rues. Il s'agit de rues qui sont parallèles à des grands axes", explique Benoît Godart. En fait, la surexploitation de ces axes est l'une des conséquences des applications de mobilité telles que Waze. Afin d'éviter le trafic dense sur les grandes routes, ces applications renvoient les usagers vers de plus petites routes. Et c'est là que le problème se présente. "Ces quartiers résidentiels ne sont pas faits pour accueillir des milliers de voitures. Il est logique que des autorités cherchent des solutions", explique le porte-parole de Vias. 

Benoît Godart résume l'utilisation des caméras ANPR pour contrôler comme "une solution dynamique du panneau 'interdiction interdite exceptée circulation locale'". "Si l'on met un panneau, il faut qu'il y ait un policier qui soit là pour contrôler. Les caméras permettent cela", explique-t-il. Le porte-parole admet cependant qu'une telle mesure n'est "pas simple à organiser". "Quid des livraisons en heure de pointe? Si vous avez des invités? Ou si l'on vient garder vos enfants", relève-t-il. 

De plus, lorsqu'une telle mesure est prise unilatéralement par une commune, le risque est que le trafic se reporte sur les axes secondaires des communes avoisinantes. Sur son site internet, la commune de Berchem-Sainte-Agathe renseigne aux automobilistes de trajets alternatifs.

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