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La cyberattaque qui a touché lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés européens aurait pu être évitée. C’est ce qu’affirme Keanu Nys, hacker éthique chez Spotit, interrogé par l’agence Belga. Selon lui, les mesures prises après une attaque similaire survenue en France le mois dernier ont été insuffisantes.
Des dizaines de magasins appartenant à différentes chaînes de supermarchés ont été victimes d’une cyberattaque lundi, en Belgique, mais aussi aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Irlande, en Estonie et en Suède. Les pirates ont notamment réussi à perturber les installations frigorifiques, entraînant la perte de nombreuses denrées alimentaires.
Selon Keanu Nys, cette nouvelle attaque révèle d’importantes lacunes en matière de cybersécurité. Les pirates auraient exploité une faille de sécurité déjà connue dans les équipements du fournisseur Danfoss.
L’entreprise avait pourtant publié une mise à jour de sécurité l’année dernière. Problème : tous les utilisateurs ne l’ont pas installée. De plus, cette correction ne concernait que les équipements bénéficiant encore d’une assistance technique du fabricant.
Des installations insuffisamment protégées
Pour l’expert, une question se pose également : pourquoi les systèmes de réfrigération des supermarchés sont-ils directement accessibles sur Internet ?
Selon lui, ces équipements devraient uniquement pouvoir être contrôlés à travers un réseau interne sécurisé, notamment au moyen d’un VPN.
Keanu Nys souligne également que ces installations, qui relèvent des technologies opérationnelles, sont généralement moins bien protégées que les équipements informatiques classiques, comme les ordinateurs, les serveurs ou les imprimantes.
Autre difficulté : leur installation est souvent confiée à des entreprises extérieures. Les équipes informatiques des supermarchés n’ont donc pas toujours une vision claire des dispositifs de sécurité mis en place.
Qui se cache derrière cette cyberattaque ?
L’identité des responsables reste pour l’heure inconnue. Mais l’absence apparente de motivation financière pousse Keanu Nys à envisager deux hypothèses.
La première serait celle d’un pirate ayant agi simplement pour s’amuser. La seconde, plus inquiétante, serait celle d’une attaque menée par un État dans le but de semer la panique.
À ce stade, aucun élément ne permet toutefois de privilégier l’une ou l’autre de ces pistes.





















